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dimanche 20 janvier 2013

Tous ensemble, mais sans plus de Georges Flipo


Héhé je ne suis pas une grande lectrice de recueil de nouvelles, mais j'avoue que cet opus m'a réconciliée avec le genre ! Cela fait déjà un moment que je l'ai terminé sans prendre le temps d'en parler ici, je vais de suite combler cette lacune !

L'éditeur en parle : avec un résumé de la nouvelle éponyme (autrement dit celle qui donne son titre au recueil)

"– Des pingouins ! Vous êtes comme des pingouins sur la banquise, tous à vous renifler, à lustrer votre plumage… Et vous vous serrez l’un contre l’autre, frissonnants, dès que souffle un vent mauvais… Malheur à l’intrus : vous lui souriez, mais vous le regardez les yeux dans les pieds, à guetter sous ses palmes la moindre fissure de la glace, en espérant qu’elle devienne fracture, béante, qu’elle l’entraîne le plus loin possible, et allez, ciao ! Tous ensemble, bien sûr, mais sans plus. Sans les trop vieux, les trop pauvres, les trop colorés, les trop moches. Sans les trop autres.

– Allons, mon ami, ce ne sont que des mots. Words, words, words…"

et en présentant l'auteur : Georges Flipo est l’auteur de plus de soixante nouvelles pour la radio (Radio France, France Bleu) et a publié huit livres ; son dernier recueil, Qui comme Ulysse, a été applaudi par la critique et dans les blogs littéraires, avant d’être couronné par le jury du Prix Ozoir’Elles, présidé par Régine Deforges.

Ce qui m'a donné envie de le lire : des commentaires très positifs sur divers blogs (par exemple ICI chez Leil et chez Dan) et aussi le fait que j'ai déjà lu son roman Le Vertige des auteurs, dont je vous ai parlé ICI et que je l'ai adoré !
Pourtant, je dois avouer que je ne suis pas une fervente lectrice de nouvelles, mais me voici réconciliée avec le genre. J'ai évidemment, pour des raisons personnelles transparentes, beaucoup aimé "Le naturalisme chez Zola" avec le récit d'un oral de français au bac durant lequel le professeur se fait un peu "avoir" par l'élève et aussi "La maîtrise de la langue" si difficile pour les non-francophones (et parfois pour les francophones eux-mêmes !) Mais je crois que ma préférée reste la première "Le Club Vie intense" où les seniors sont invités à des activités particulièrement propices à la montée d'adrénaline et où personne ne sait vraiment quoi dire devant l'existence de ce genre de club...

Mon avis après lecture :
Je me croyais réfractaire aux nouvelles et il n'en est rien ! J'ai vraiment passé un excellent moment, j'ai aimé l'humour omniprésent, le regard mi-cynique, mi-désabusé, à la fois ironique et tendre porté sur la société d'aujourd'hui et ses travers.

Bonheur de phrases :

"Ce serait surtout la dernière élève de sa vie : dans trois mois, il prendrait sa retraite de professeir de lettres et serait probablement dispensé de venir travailler au mois de septembre. Il adressa une vague prière à l'au-delà, sans destinataire précis. Il demanda que tout se passe bien, il voulait garder un beau souvenir de cette littérature qu'il avait distillée toute sa vie avec une folle espérance."

"Et Pauline rentre à l'hôtel en extase, radieuse. Elle ne saura jamais qui était cet homme qui n'aura fait qu'une éphémère apparition dans sa vie mais qui l'aura illuminée. Il était si beau. Beau comme un ange."

"Est-ce que Michel leur plairait ? Elle s'en fichait : à son âge, les convenances sociales s'effilochaient, comme une vieille peau attaquée par les escarres."

Ce recueil ne venant pas de sortir, vous trouverez des billets sur lui dans tous les blogs littéraires ou presque ! Et globalement, les avis sont très positifs ! Alors, si vous ne l'avez pas encore lu, vous savez ce qu'il vous reste à faire !J'ajoute que beaucoup ont noté l'allusion à Gavalda du titre... Pour ma part, j'avoue que j'ai aussi pensé aux slogans des manifs... "Tous ensemble, tous ensemble, hey, hey !" ;-)

vendredi 30 octobre 2009

Le Vertige des auteurs de Georges Flipo

Voici un premier roman paru en 2007 et qui figurait dans ma PAL depuis des années...

L'éditeur en parle : Sylvain Vasseur a tout pour devenir écrivain : l'égoïsme, la foi en son talent, des admirateurs et des groupies, et même un incessant soutien de la presse, peut-être un peu prématuré. Que lui manque-t- il, si ce n'est une œuvre ? Le Vertige des auteurs est l'histoire d'un faux ingénu qui se lance dans l'écriture, pour complaire à son patron. De petits mensonges en douces impostures, jusqu'où ira-t-il dans sa conquête de la chose littéraire? Et la flamboyante Arlette sera-t-elle tentée par une vocation de femme d'écrivain besogneux ? Georges Flipo ballotte allègrement le héros entre trois mondes qu'il connaît intimement : – celui de l'entreprise, avec ses PDG aux caprices inspirés et ses cadres empressés de les satisfaire. – celui des éditeurs assaillis par les gueux de la littérature qui se pressent à leurs portes. – et celui des affligés de l'écriture aux pathétiques espérances. Ces trois mondes sont ici décrits avec un humour féroce. On n'avait sans doute jamais brossé si crûment le portrait des auteurs amateurs, par petites touches d'une acide vérité. Ce livre évoque une étrange autobiographie collective, celle des deux millions de Français qui ont un manuscrit dans leur tiroir. Le Vertige des auteurs les fera frissonner de plaisir ou d'effroi. Eux... ou leurs conjoints.

Ce qui m'a donné envie de le lire : C'est tout simple ! C'est un article paru dans la revue d'une École dont je suis diplômée, comme Georges Flipo ! Voilà ce que c'est de rester à l'Association des anciens élèves ;-) Je n'ai pas retrouvé l'article en question, mais évidemment en tant que velléitaire de l'écriture depuis de longues années, le thème évoqué m'a fait sourire et m'a donné envie de lire plus loin ! (et puis le fait que l'auteur ait publié un premier roman tardivement m'a fait rêver... comme quoi on ne guérit jamais de ce genre d'espoir idiot)

Mon avis après lecture : J'ai beaucoup aimé l'humour de ce premier roman, primé au Festival du même nom. D'ailleurs, je crois qu'il a raté de peu le grand prix de l'humour noir ! J'ai aimé le parcours initiatique du héros, ses infimes triomphes et ses déconvenues pathétiques. Les Français écrivent beaucoup semble-t-il... Je pense que nombreux sont ceux qui devraient se projeter dans les espoirs de Sylvain Vasseur !

Bonheur de phrases :
"Les seuls invités qui s'attardèrent furent quelques couples d'enseignants. Sylvain découvrit que dans cette corporation qu'il croyait connaître, on a souvent, entre les préparations de cours, les corrections de devoirs et les dépressions nerveuses, un peu de temps pour écrire un roman qu'on garde dans son tiroir, ou un essai inachevé sur une vraie réforme de l'éducation. Quand ils apprenaient que Sylvain écrivait, ses amis professeurs avaient une désagréable façon de se situer d'emblée sur un échelon littéraire égal au sien. Parfois même légèrement supérieur. Ah, tu écris, tu as bien raison, ça coûte moins cher que de suivre une analyse, regarde, moi..."
"Alors commença l'aventure. Et Sylvain découvrit que le vrai métier d'un écrivain ne consiste pas à écrire, mais à se faire publier."
"Et Sylvain expliqua qu'il aimait la littérature autant que les autres écrivains réunis sur le plateau. Il n'avait pas eu la chance, lui, d'en rêver dès son adolescence, elle lui était tombée dessus, comme un amour fatal, à l'âge où s'éteignent les passions. Il l'avait aimée maladroitement, mais il l'avait aimée."

On en parle sûrement ailleurs ! Mais j'ai surtout trouvé des billets sur d'autres livres de Georges Flipo : c'est logique, le livre a tout de même deux ans...