Affichage des articles dont le libellé est Romans français. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Romans français. Afficher tous les articles

mardi 18 novembre 2014

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick Modiano

Patrick Modiano a reçu le prix Nobel de littérature le 9 octobre dernier et Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier est son dernier roman, sorti le 2 octobre, une semaine pile avant l'attribution du prix.

L'éditeur en parle... peu mais cite un extrait : 
« Et l'enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l'enfant?
– Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu'il était devenu... Quel drôle de départ dans la vie...
– Ils l'avaient certainement inscrit à une école...
– Oui. À l'école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d'une grippe.
– Et à l'école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage...
– Non, malheureusement. Ils ont détruit l'école de la Forêt il y a deux ans. C'était une toute petite école, vous savez...»
De plus, l'éditeur permet de lire quelques pages : CLIC, c'est ici !

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
J'ai voulu lire le dernier opus du plus récent prix Nobel de littérature français. Je ne sais pas si le titre seul aurait pu m'intriguer suffisamment pour me donner envie de le lire. Mais j'aurais eu grand tort de passer à côté d'un tel joyau.

Mon avis après lecture : 
Oups, vous avez déjà dû deviner. Je ne peux pas parler de l'histoire. J'ai juste été emportée par la musique de Modiano. J'ai vraiment aimé. Dans son billet ICI, Sabine dit qu'on aime ou qu'on s'ennuie. Pour ma part, j'ai adoré la promenade.

Quelques phrases : 

"Il n'avait écrit ce livre que dans l'espoir qu'elle lui fasse signe. Écrire un livre, c'était aussi, pour lui, lancer des appels de phares ou des signaux de morse à l'intention de certaines personnes dont il ignorait ce qu'elles étaient devenues."

"Il n'avait jamais compris que l'on introduise dans un roman un être qui avait compté pour vous. Une fois qu'il s'était glissé dans le roman comme on traverse un miroir, il vous échappait pour toujours. Il n'avait jamais existé dans la vraie vie."

"[...] à peine avait-il commencé sa lecture qu'il éprouva une sensation désagréable : les phrases s'enchevêtraient et d'autres phrases apparaissaient brusquement qui recouvraient les précédentes, et disparaissaient sans lui laisser le temps de les déchiffrer. Il était en présence d'un palimpseste dont toutes les écritures successives se mêlaient en surimpression et s'agitaient comme des bacilles vus au microscope. Il mit cela au compte de la fatigue, et ferma les yeux."

J'ai d'autres livres de Modiano sur ma PAL, je vais m'y plonger sous peu avec plaisir ! 

jeudi 31 janvier 2013

Le Chapeau de Mitterrand d'Antoine Laurain

Voici un livre déjà chroniqué par toute la blogosphère... et comme d'habitude, j'arrive après la bagarre ! Les avis lus ICI (clic) ou encore ICI (clic) m'avaient donné envie de lire ce livre alors quand je l'ai vu disponible sur la table de ma médiathèque préférée... Je n'ai pas pu résister.

L'éditeur en parle en citant la quatrième de couverture : 
"Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s'approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême ? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d'autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980. Cette fable pleine d'esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux - celui de ressusciter une époque et, surtout, de mettre au jour à travers une galerie de personnages notre rêve commun : voir s'accomplir par magie nos désirs les plus secrets."

Ce qui m'a donné envie de le lire : je vous l'ai dit, ce sont des commentaires sur la blogosphère qui m'ont tentée. J'ajoute que le livre a reçu le prix Landerneau Découvertes 2012 (prix décerné par des libraires) et aussi le prix Relay 2012 (prix décerné par les voyageurs !). J'ai aussi trouvé amusant ce que l'auteur a raconté de son inspiration (voir sur le blog Bric à Book ICI) à savoir que la perte d'un objet personnel, un chapeau en l'occurrence (évidemment !), était à l'origine du roman !
J'ai aussi été séduite pas l'épigraphe, une citation de Tristan Bernard: "Le fait d'avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n'en ont pas." Argh. Il va falloir que je regarde si j'ai une tête à chapeau ;-)

Mon avis après lecture : 
J'ai beaucoup aimé l'originalité du sujet et la fraîcheur de ce livre ! Enfin du neuf ! Le style est simple et fluide et correspond bien à l'époque évoquée (les années 1980). L'épilogue donne à la chute une saveur particulière. J'ai donc pris un grand plaisir à cette découverte (je ne connaissais pas du tout Antoine Laurain) à la fois divertissante et merveilleuse, par son allure de conte qu'on aurait aimé vivre.

Bonheur de phrases : 

"Tous faisaient cercle autour de lui, surexcités qu'ils étaient de découvrir en la personne de leur collègue une force tranquille qui avait su défendre leurs intérêts mieux que ne l'aurait fait le plus radical des syndicalistes ou le meilleur ténor du barreau. [...] Cette situation nouvelle ne le surprenait pas plus que cela. C'était comme si le vrai Daniel Mercier était enfin apparu au grand jour. Le précédent n'était qu'une sorte de prototype inabouti, une sorte de brouillon."

"Elle regarda  sa silhouette au détour d'une glace dans la vitrine d'un magasin de prêt-à-porter. Ce chapeau donnait une noblesse inhabituelle à la découpe de son visage, pour qu'il tienne correctement elle avait relevé ses cheveux en chignon. Peut-être devrait-elle les porter ainsi à partir de maintenant, et constamment sortir avec un chapeau d'homme en feutre noir. Il lui sembla que le port de cet accessoire lui donnait un nouveau pouvoir, à la manière de ces vêtements de marque qu'elle s'offrait si rarement."

"Cette fois-ci, rien ne lui venait depuis qu'il était allongé sur le divan. Il avait posé le chapeau sur ses cuisses et le caressait doucement pour passer le temps. Ce mouvement répété de ses dpoigts sur le feutre lui suggéra une image sortie de son enfance : Aladin qui frottait sa lampe de laiton pour voir apparaître le bon génie lui proposant d'exaucer ses vœux."

Un très bon moment de lecture ! N'hésitez pas si vous le trouvez sur votre chemin !

mardi 18 décembre 2012

L'Amour sans le faire de Serge Joncour

Ayant parrainé une amie pour les matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister (CLIC) dont je vous ai parlé il y a peu ICI, j'ai pu choisir un deuxième livre de la rentrée littéraire : le voici !

L'éditeur en parle : 
Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. « On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, « insister » finit par ressembler à la vie réinventée. L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer - et pourquoi pas à renaître.

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Honnêtement, j'avais le choix entre plusieurs livres proposés ICI par Price Minister et c'est celui dont la présentation m'a séduite ! C'est tout simple !

Mon avis après lecture : 
Une très belle découverte. J'ai véritablement été happée par l'histoire, par l'entrelacement des destinées de ces personnages attachants et par l'écriture en demi-teintes, qui emporte le lecteur, entre pudeur et spontanéité pétillante de l'enfant. J'ai aussi aimé l'évolution des relations entre tous les personnages.

Bonheur de phrases : 
"L'enfance, c'est ce territoire juste là, intact mais parfaitement inatteignable, à moins de fermer un peu les yeux, de s'assoupir dans le parfait coton d'un parfum retrouvé."

"C'était irréel et pourtant il y avait tout."

"Franck n'arrivait pas à s'endormir. Il tournait et se retournait dans le lit. Pour amorcer le sommeil il essayait de faire le vide, de ne penser à rien, mais dès qu'il fermait les yeux, des tas d'images surgissaient comme des bancs de poissons affolés."

"C'est profondément à soi, une douleur."

Vous trouverez facilement sur les blogs des critiques élogieuses, je crois que ce roman a décidément beaucoup plu !

mercredi 28 novembre 2012

Pour seul cortège de Laurent Gaudé

C'est au titre des matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister (CLIC) que j'ai reçu et lu ce livre (lien vers la fiche-livre chez Price Minister ICI), qui me tentait beaucoup, il faut l'avouer.

L'éditeur en parle : 
En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.
Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père…
Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.
Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.

Ce qui m'a donné envie de le lire :
J'avais déjà lu d'autres romans de Laurent Gaudé, comme La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des Lycéens 2002), ou Le Soleil des Scorta (prix Goncourt 2004) et j'avais apprécié l'écriture de l'auteur. De plus, j'ai été attirée par le thème historique avec Alexandre, personnage connu pour sa vie et ses conquêtes multiples, mais montré au moment de sa mort.

Mon avis après lecture : 
L'éditeur parle de souffle épique et c'est véritablement ce qui emporte le lecteur. J'ai aussi eu l'impression d'une mélopée lancinante qui accompagne le lecteur, de la mort d'Alexandre à son  chemin vers sa dernière demeure. S'ajoute à cela la polyphonie de la narration : plusieurs voix s'enchevêtrent, et j'avoue avoir pensé que cela pourrait rendre la lecture difficile notamment pour des lycéens (Laurent Gaudé a reçu le Goncourt des Lycéens en 2002 et j'ai déjà retrouvé La Mort du roi Tsongor à plusieurs reprises sur des listes de bac... j'ai donc réfléchi à l'accueil qu'un public adolescent pourrait lui réserver). C'est un bon Gaudé (qui est une valeur sûre !), sans surprise majeure pour les lecteurs qui le connaissent.  Je mettrais la note de 15/20 (le challenge littéraire prévoit de mettre une note au livre lu, ce n'est pas mon habitude, mais je me plie à la règle !). Je dois tout de même avouer avoir préféré La Mort du roi Tsongor : j'ai eu davantage de difficultés à entrer dans Pour seul cortège.

Bonheur de phrases : 
"Pour la première fois, Alexandre est à terre.Ils se sentent petits et inutiles. Ils ne savent pas que c'est pour cela que je reviens : j'ai ce qui te donnera la force de  te remettre debout. J'ai ce qui te tirera de l'agonie. J'arrive. Le chemin est long, mais je ne m'épargne aucune fatigue."
"Elle pose les yeux sur son fils. Il lui sera donc donné de le voir plus longtemps qu'elle ne le pensait. Elle le contemple avec bonheur. Elle sourit. Elle est loin de la mort."
"Elle sent que tout est accompli. Elle sera, pour l'éternité, une mère silencieuse qui contemple l'enfant, loin de tout, dans l'immensité du vent. Elle sourit."

Maintenant, attendons les résultats du challenge littéraire, pour savoir quel roman de la rentrée obtiendra le prix de satisfaction de la blogosphère !

mardi 30 octobre 2012

Ils désertent de Thierry Beinstingel

Je crois bien ne jamais vous avoir présenté de roman de Thierry Beinstingel... ce qui est un comble alors que je le connais de longue date, que je suis une groupie, que je crois avoir lu tout ce qu'il a écrit ou presque et que je le fais même lire à mes élèves qui auront la chance de le rencontrer très bientôt... Il est temps de remédier à cela, au moment où, zut de zut, les dernières listes du Goncourt et du Femina viennent de sortir et qu'il n'y figure plus alors que... enfin bon, bref, snif  :-(

L'éditeur en parle (et cite la quatrième de couverture) : 
Ses collègues l’appellent l’« ancêtre » ou l’« ours », peu importe le surnom, pourvu qu’on lui concède sa vie de solitude sur les routes. Il est VRP en papier peint depuis quarante ans. Soudain, sa hiérarchie voudrait qu’il vende aussi des canapés. Mais quand il songe au temps qu’il a fallu à l’espèce humaine pour apprendre à se tenir debout, il juge cette évolution déshonorante. D’où lui vient une telle idée ? Peut-être de la correspondance de Rimbaud… Car, en chemin, toujours, il emporte les œuvres du plus célèbre voyageur de commerce. C’est une toute jeune femme sans beaucoup d’appuis, elle ne doit son diplôme de commerce qu’à son mérite. Et elle vient d’être nommée à la tête de l’équipe de ventes !
Salaire inespéré, qui lui a permis d’acheter à crédit un appartement trop grand pour elle, dont une pièce reste obstinément vide. Y installera-t-elle un canapé ? Peut-être le jour où elle fera une rencontre amoureuse qu’elle ne jugera pas comme une menace. La première mission de la jeune femme est claire : licencier l’ancêtre sans délais. Ils devraient s’affronter. Mais l’être humain trouve parfois d’étonnantes ressources pour braver la logique d’entreprise en se réinventant un destin.

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Je vous l'ai dit, je suis une lectrice inconditionnelle, et ce depuis Central en 2000... J'apprécie à la fois les thèmes profondément actuels évoqués, la vision du travail que Thierry Beinstingel construit dans son œuvre et aussi son travail littéraire. Et puis là, Rimbaud en plus...et Hannah Arendt citée ("tout ce qui est produit par l'homme peut être détruit par l'homme, et aucun objet d'usage n'est absolument nécessaire")...

Mon avis après lecture : 
De façon prévisible, j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé l'histoire à la fois si banale et si extraordinaire de ces deux êtres et j'ai aimé retrouver l'écriture véritablement travaillée de Thierry Beinstingel. L'absence de nom donné, comme une absence d'identité, marquant la déshumanisation ambiante, mais aussi la polyphonie et l'alternance grammaticale des deuxièmes personnes, ce qui marque la différence de statut et d'âge des personnages... Une lecture qui rappelle aussi le sort trop souvent fait aux "ancêtres", qui devront pourtant travailler de plus en plus longtemps pour voir arriver leur retraite, mais qu'on poussera sans état d'âme vers la sortie, quels que soient leurs résultats...

Bonheur de phrases :
" Seule vous était restée la vague impression d'une existence, comment dire, d'imitation, que vous n'aviez pas choisie, faire comme tout le monde, s'asseoir dans un canapé, boire un whisky, quelque chose de déjà vu dans des films, à la télévision, quelque chose de factice, une contrefaçon, une laideur de bibelot kitsch qui vous donnait maintenant la nausée, comme si vous en aviez abusé."

" On s'est fourvoyé dans l'absolu d'un bon goût universel et incontestable pour ne pas être choqué par la fantaisie, l'extravagance. C'est une grossière erreur : leur beauté éclatera au grand jour lorsque nous en aurons fini avec nos peurs."

"Est-ce que tout ceci a un sens, vie, mort, mots, alexandrins, slogans de pub, articles de commerce ? Tu repars chamboulée."

"Les mots sont revenus avant même la conscience. [...] Maintenant vous vivez puisque vous avez retrouvé le langage."

"Tout a été alors différent, les livres avaient ouvert une brèche, laissé des portes ouvertes. Les mots à partager, regarde !"


Que dire de plus ? Les mots à partager... Aimer le langage. Aimer la vie.

samedi 27 octobre 2012

La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt

Évidemment toute la blogosphère a déjà parlé de ce livre, que j'ai lu depuis un moment d'ailleurs... Mais je suis tellement lente sur ce blog que forcément, j'arrive toujours en retard, comme la cavalerie... Pas grave, je mets mon grain de sel tout de même ! 

L'éditeur en parle : 
Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Vous allez rire... Ne vous moquez pas... J'ai adoré le bandeau avec les bobines en bois, les fils multicolores, l'aiguille plantée au premier plan, le dé, le ruban façon mètre, la cannette... C'est bête, mais c'est comme ça ! Ensuite, j'ai vu des critiques ça et là sur le net... et enfin il ma tendu les bras à la médiathèque de ma ville !!!!!!

Mon avis après lecture : 
J'ai beaucoup aimé lire les aventures de Jocelyne, découvrir la liste de ses envies, somme toute modeste, un peu comme pourrait être la mienne, surtout que peu de temps avant, M dans les "petits pas des Muses" (CLIC) avait proposé de faire la liste des 100 choses que l'on souhaitait faire dans les jours/semaines/mois/années à venir...J'ai trouvé la fin douce-amère... J'ai reconnu la vie... Et j'ai vite lu L'Écrivain de la famille, le premier roman de l'auteur ! 

Bonheur de phrases : il y en a de plus en plus au fil de mes articles, tant pis, c'est ce que j'aime ! Ce sont les phrases dans lesquelles je me retrouve en plus de les aimer...

"Moi, les mots, j'aime bien. J'aime bien les phrases longues, les soupirs qui s'éternisent. J'aime bien quand les mots cachent parfois ce qu'ils disent ; ou le disent d'une manière nouvelle."

"Il n'y a que dans les livres que l'on peut changer de vie. Que l'on peut tout effacer d'un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies au bout d'une phrase, se retrouver soudain au bout du monde."

"Être riche, c'est voir tout ce qui est laid, puisqu'on a l'arrogance de penser qu'on peut changer les choses. Qu'il suffit de payer pour ça."

"Faire soi-même possède quelque chose de très beau ; prendre le temps, c'est important. Oui, je pense que tout va trop vite. On parle trop vite. On réfléchit trop vite, quand on réfléchit ! On envoie des mails, des textos, sans se relire, on perd l'élégance de l'orthographe, la politesse, le sens des choses."

Vous pouvez aller sur tous les blogs de lecture, ce livre a beaucoup plu ! Et franchement, c'est une lecture à la fois forte et douce, que je suis ravie d'avoir faite. À vous maintenant de lire ce livre, si vous ne l'avez pas encore dévoré !

lundi 28 mai 2012

Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

Voici un livre que j'ai lu dans le cadre professionnel... En effet, et ceci est un véritable coming out, j'enseigne les lettres dans un lycée. Et honte à moi, si j'avais déjà lu Les Âmes grises et La petite fille de monsieur Linh, je n'avais pas encore lu Le Rapport de Brodeck. Or il figurait sur la liste de textes présentés à l'oral du bac blanc par les élèves d'un de mes collègues. Je l'ai donc bien évidemment lu ! Et avec plaisir qui plus est !

L'éditeur en parle et cite le résumé de la quatrième de couverture : 
Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. »

Sur le site de l'éditeur initial, Stock, d'autres informations :  
Le métier de Brodeck n’est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l’état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore.
« On ne te demande pas un roman, c’est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c’est tout, comme pour un de tes rapports. »
Brodeck accepte. Au moins d’essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu’il ne sait pas s’exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d’accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l’extrême, il ne veut rien cacher de ce qu’il a vu, il veut retrouver la vérité qu’il ne connait pas encore. Même si elle n’est pas bonne à entendre.
« A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s’insurge le maire du village. N’as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu’est-ce qui ressemble plus à un mort qu’un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes... » Brodeck a écouté la mise en garde du maire.
Ne pas s’éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n’existe pas ou ce qui n’existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Je pourrais dire que nécessité a fait loi (cf. plus haut). Mais j'apprécie la plume de Philippe Claudel et je me suis réjouie à l'idée de lire ce livre ! 

Mon avis après lecture : 
Comme toujours, Philippe Claudel emporte son lecteur dans son monde. Un monde âpre, dur, pesant, étouffant presque, avec une écriture ciselée que les lycéens ont distinguée en 2007 par le Goncourt des Lycéens, ce qui prouve bien, une fois de plus, qu'ils ne cherchent pas la facilité lors de leur choix !

Bonheur de phrases :
"J'ai le sentiment que je ne suis pas fait pour ma vie. Je veux dire que ma vie déborde de toute part, qu'elle n'est pas taillée pour un homme comme moi, qu'elle se remplit de trop de choses, de trop d'événements, de trop de misères, de trop de failles."
"Il y a de toute ans ce fatras. J'y vide ma vie. Écrire soulage mon cœur et mon ventre."
"Au fond, raconter n'est peut-être pas un remède si sûr que cela. Peut-être qu'au contraire raconter ne sert qu'à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d'un feu afin qu'à notre guise, il puisse repartir de plus belle."
"On craint celui qui se tait, celui qui ne dit rien. Comment savoir ce que pense celui qui demeure muet ?"
et une dernière à laquelle je ne peux résister... "L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager."

On en parle ailleurs :
Ce livre est paru il y a déjà cinq ans... autant dire une éternité (ou peut-être deux ! ;-) à l'échelle de la blogosphère ! Tout le monde en a donc déjà parlé : je vous fais confiance pour trouver !

mardi 17 avril 2012

Du domaine des Murmures de Carole Martinez

La première lecture de ce blog était Le Cœur cousu de Carole Martinez ici. Et c'est avec Du domaine des Murmures que je lui redonne vie. 

L'éditeur en parle :
"En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
  Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
  Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante."
Allez donc visiter le site de l'éditeur, pour feuilleter les premières pages ICI

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
J'avais beaucoup aimé Le Cœur cousu. J'ai aussi été intriguée par le sujet original, ce qui n'est pas si fréquent aujourd'hui en littérature. En outre, le fait que ce roman ait reçu le prix Goncourt des lycéens 2011 est pour moi l'annonce d'une littérature neuve qui saura me séduire (et peut-être séduire les lycéens que je fréquente ;-)

Mon avis après lecture :
J'ai a-do-ré. J'ai été emportée par l'histoire et son souffle, j'ai partagé la vie d'Esclarmonde, et l'écriture très poétique de Carole Martinez la place, selon moi, parmi les grands écrivains de notre temps. J'attends maintenant impatiemment sa prochaine publication.

Bonheur de phrases : c'est bien difficile de choisir et de renoncer au reste...
  "Ce qui n'a pas été dit m'enfle l'âme, flot coagulé, furoncles de silence à percer d'où s'écoulera le fleuve de pus qui me retient entre ces pierres, ce long ruban d'eau noire, charriant carcasses d'émotions, cris noyés aux ventres gonflés de nuit, mots d'amour avortés. Saignées de paroles pétrifiées dans leurs gangues. 
  Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle.
  Écoute !"
   "On ne quitte pas un monde sans angoisse ni sans rêve."
  "Le monde en mon temps était poreux, pénétrable au merveilleux. Vous avez coupé les voies, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel, et la contemplation dans le vacarme de vos villes, et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n'imaginez pas que ce massacre des contes a chassé la peur ! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi."
  "Certes ton époque n'enferme plus si facilement les jeunes filles, mais ne te crois pas pour autant à l'abri de la folie des hommes. J'ai vu passer les siècles, l'histoire n'a jamais cessé de chambouler nos vies et les évidences sont infiniment fragiles.
  Les certitudes sont de pâte molle. Elles se modèlent à volonté."

On en parle ailleurs :
Facile : on en a déjà parlé partout !!!! Par exemple chez Stephie, chez Leiloona, chez Dollylou...
En tout cas, si vous ne l'avez pas lu, précipitez-vous. C'est un immanquable.

jeudi 29 octobre 2009

Le Cœur cousu de Carole Martinez

Première lecture sur ce blog effectuée grâce à Leiloona de Bric à Book, qui m'a prêté ce livre...

L'éditeur en parle : Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Ce qui m'a donné envie de le lire : Cela va vous sembler bête mais cette histoire de couturière qui crée la vie ou la raconte avec ses aiguilles m'a interpellée. J'admire les créateurs, tous domaines confondus. J'aimerais tant savoir créer, moi aussi... J'ai pensé à Léa Stansal, une grande dame de la couture et de la broderie... et j'ai eu envie de lire ce livre.

Mon avis après lecture : Je n'ai pas été déçue. C'est un livre dont on ne sort pas indemne. J'ai été emportée dans son foisonnement, submergée par l'émotion, véritablement bouleversée du cœur et de l'âme. Je ne sais laquelle de ces femmes m'a le plus émue, de Frasquita l'artiste du fil, d'Anita la conteuse nourrie de mots pour résister au désir ou de Clara la solaire (les trois qui m'ont le plus marquée, sans aucun doute). Pourtant je ne saurais dire si je l'ai aimé car certains passages ont pu me mettre mal à l'aise (les chairs recousues par exemple... peut-être parce que je croyais les voir). En tout cas, pour moi c'est du "jamais lu". Et ça, j'adore.

Bonheur de phrases :

"Écoutez mes sœurs !
Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit !
Écoutez... le bruit des mères !"

"Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines.
Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. L'art culinaire des femmes regorge de mystère et de poésie."

"Ce qui n'a jamais été écrit est féminin".

On en parle ailleurs : On a déjà parlé partout de ce roman ! Par exemple chez Leiloona, chez Stephie, chez Aifelle, et peut-être chez vous ! N'hésitez pas me mettre dans les commentaires le lien vers votre billet sur le sujet !