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mardi 4 août 2015

Une Putain d'histoire de Bernard Minier

Et voici une lecture d'un genre très différent cette fois !



L'éditeur en parle :


Une île boisée au large de Seattle…
« Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres,
ceux qui me détestent,
ceux qui veulent ma peau.
Autant vous le dire tout de suite :
Ce n’est pas une histoire banale. Ça non.
c’est une putain d’histoire.
Ouais, une putain d’histoire… »

Un thriller implacable
Dès la parution de son premier roman, Glacé, prix du meilleur roman francophone du festival Polar 2011 de Cognac, Bernard Minier rencontre un très grand succès. Ses deux derniers ouvrages, Le Cercle et N’éteins pas la lumière, le confirment comme un auteur incontournable du polar français. Ses romans sont traduits dans quatorze langues.

L'éditeur indique également l'adresse du site de l'auteur : CLIC ! et offre un extrait ICI.


Ce qui m'a donné envie de le lire :

C'est mon homme qui a entendu parler de ce livre et me l'a conseillé. Bien que n'étant pas une grande fan de polar ou de thriller, j'ai eu envie de tenter cette lecture et bien m'en a pris !


Mon avis après lecture :

Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas une fervente lectrice de thriller et cela va peut-être changer grâce à ce livre. J'ai été happée par l'histoire et je n'ai pas pu le lâcher : c'est la définition du page turner ! Même si je dois dire que j'avais deviné assez tôt un élément très important de l'histoire, j'ai été épatée du nombre incroyable de rebondissements et de retournements de situation. La vision qu'on a des personnages doit toujours évoluer au rythme des nouvelles informations habilement distillées et les dernières pages sont tout bonnement stupéfiantes !
Bref, une lecture qui me donne envie de lire d'autres romans de l'auteur.


Quelques phrases : 

"L'orque nomade est le plus cruel des mammifères marins mais l'homme nomade est le plus cruel des mammifères tout court."

"Comme je l'ai dit, je rêve de devenir écrivain.
Ou cinéaste.
Ne soyez donc pas surpris par mon langage : je suis juste un jeune homme normalement éduqué, comme tous ceux de mon âge devraient l'être, c'est-à-dire pas tout à fait aussi attardé que ces crétins du lycée qui se sont déchaînés sur Walt Whitman quand le prof de littérature leur a demandé de commenter Feuilles d'herbe. "Bâtard défoncé", "pédé de poète de sa race" ont été quelques-uns des compliments adressés au grand homme par tweets interposés. À part ça (preuve de ma normalité), j'aime les films d'horreur et Nirvana."

"[...] la révolution numérique était en train de bâtir brique par brique le rêve millénaire de toutes les dictatures -- des citoyens sans vie privée, qui renonçaient d'eux-mêmes à leur liberté."

"Chaque foyer a ses règles tacites. Chaque famille est un pays et un gouvernement à lui tout seul, où règnent des lois qui n'ont pas cours dans la maison d'à côté, des dizaines de petites conventions et d'habitudes qui, à l'abri des regards, assurent son unité. Nul doute que la nôtre n'était pas une démocratie."

Alors, allez-vous lire cette Putain d'histoire ?

mercredi 23 avril 2014

Best-seller de Jesse Kellerman

Un nouvel essai de lecture de polar... trouvé à la médiathèque locale. 

L'éditeur en parle en citant la quatrième de couverture : 
"Arthur Pfefferkorn est un prof de fac aux ambitions littéraires avortées. Son plus vieil ami est le fameux William de Nerval, auteur de thrillers au succès international, qui compte même Stephen King parmi ses fans. Arthur, qui s’est toujours considéré comme l’Écrivain, est jaloux de sa réussite. Pour couronner le tout, William a épousé la belle Carlotta, dont Arthur est épris depuis leur jeunesse. Un jour, William disparaît en mer et Arthur se rapproche alors de la veuve éplorée. La tentation est grande de faire aussi main basse sur le dernier manuscrit – inédit – de son « ami ». Mais Arthur est loin de se douter que son plagiat va les mettre en péril et déclencher des événements aussi sinistres que dans le plus terrifiant des thrillers. Un véritable tour de force, à l’humour noir décapant, sur le métier d’auteur de best-sellers !"
On trouve aussi le premier chapitre à lire en ligne ICI (clic)

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Comme d'habitude, je n'ai pas su résister à un livre parlant de livre, d'écriture, d'écrivain. 

Mon avis après lecture : 
J'ai vraiment beaucoup aimé la première moitié. J'avais envie d'en lire davantage, d'aller plus loin... mais la suite fut une déception. La seconde moitié m'a paru foutraque et ne m'a pas convaincue. Je me suis plusieurs fois demandé si je n'allais pas abandonner, lassée des rebondissements que j'ai trouvés délirants voire ridicules. J'ai poursuivi tout de même mais bon, vous l'aurez compris, le polar et moi, ça fait définitivement deux. Je suis persuadée que ce livre a un public à conquérir, mais... je n'en fais pas partie. 

Quelques phrases çà et là : 
Le héros enseigne l'écriture créative à l'université : 
"C'était seulement à la vaste et médiocre multitude que le véritable travail d'enseignement s'appliquait, et encore, avec un effet discutable. Les élèves doués n'avaient pas besoin de cours. Les profs aimaient les élèves doués parce que les élèves doués leur donnaient fière allure sans leur demander aucun effort."
"Il comprenait que ses instructeurs aient besoin d'être durs avec lui. En tant qu'enseignant lui-même, il savait combien ce qui passait pour de l'éducation était en fait du brossage de poils gnangnan destiné uniquement à éviter de heurter l'amour-propre des élèves."
"Écrire était une chose impossible. Il était facile de considérer les livres comme des produits, fabriqués à la chaîne par une mystérieuse machine géante. Mais Pfefferkorn ne s'y trompait pas. Les livres étaient faits par des gens. Les gens étaient imparfaits. C'étaient leurs imperfections qui rendaient leurs livres intéressants. Et en couchant ces imperfections sur le papier, ils devenaient omnipotents. Un livre était une toute petite machine qui faisait de son créateur un dieu. C'était impossible et pourtant ça se produisait tous les jours."

Les citations relevées montrent que j'ai tout de même réussi à apprécier quelques passages de ce roman. Toutefois, j'avoue que je n'ai pas été enthousiasmée et qu'il faut donc que je me résigne à ne pas être une lectrice de polars ! Je vais retourner à des lectures plus habituelles chez moi et je suis sûre que j'y prendrai davantage de plaisir ! 

vendredi 1 février 2013

La dernière enquête du chevalier Dupin de Fabrice Bourland

Une petite lecture de polar en passant. Je vous ai déjà dit que les polars ne sont pas forcément mes lectures favorites, mais j'ai acheté ce livre au salon des auteurs dont je vous ai parlé sur mon autre blog ICI. Pourquoi donc me direz-vous ? Eh bien.. à cause, évidemment, du bandeau : toute la vérité sur la mort de Nerval ! Un polar qui parle de littérature, comment résister ?

L'éditeur en parle : 
"Malgré les certitudes du préfet de la police parisienne et des autorités, la fin tragique de Gérard de Nerval laisse planer bien des doutes. Retrouvé pendu aux barreaux d'une grille dans la sordide rue de la Vieille-Lanterne, le poète français s'est-il suicidé dans un moment de folie ou a-t-il été assassiné ? Sollicités par un proche de la victime, le chevalier Charles Auguste Dupin et son ami américain enquêtent sur les circonstances de cette mort suspecte. Une momie égyptienne, une secte d'illuminés du XVIIIe siècle, un daguerréotype, un corbeau solitaire... Quelques indices suffiront à l'esprit acéré du célèbre détective pour les conduire sur le chemin d'une vérité étonnante, qui changera à tout jamais le cours de leur existence. Entre jeu littéraire et jeu de l'esprit, Fabrice Bourland fait revivre, en hommage à Edgar Allan Poe, la figure légendaire du chevalier Dupin"

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Je vous l'ai dit : la référence à la mort de Nerval et à son élucidation ! Fabrice Bourland faisait partie des auteurs invités au salon des auteurs où je me suis rendue, son roman était exposé, et voilà ! C'est tout simple ! 

Mon avis après lecture : 
Hélas... L'ouverture sur le supposé avant-propos de l'éditeur mettant en doute l'auteur et attirant le lecteur vers le "mystérieux traducteur dont la signature, à la fin de l'ouvrage, sonne comme une plaisanterie" m'avait mis la puce à l'oreille... 
Je n'aime pas les polars et ce n'est pas celui-ci qui va me réconcilier avec le genre, malgré son côté historico-littéraire... Le roman est écrit à la première personne, par monsieur Carter Randolph (personnage de Lovecraft), mais censément par Edgar Allan Poe. En effet, une note de bas de page précise les titres de "[s]es histoires -- au moins les trois premières--" : Double Assassinat dans la rue Morgue, Le Mystère de Marie Roget et La Lettre volée et le traducteur évoqué dans l'avant-propos et qui signe la dernière page est un certain "Charles Beau de l'Ers". 
C'est sans doute pour aller vers l'extraordinaire des histoires de Poe que l'histoire sort du roman policier pour aller vers l'invraisemblable, qui ne m'a guère convaincue.

Bonheur de phrases : 
Une citation d'abord : 
"Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel)" 
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, "Le Cygne"

Et ensuite, une pensée pour Zola (et La Curée...) : "jusqu'en 1855, date de notre affaire, Paris n'avait encore pratiquement pas changé. 
Par malheur, à partir de la fin des années 1850, l'empereur Napoléon III conçut pour sa ville le pharaonique projet d'en faire la capitale du XIXe siècle, et ce faisant, les urbanistes du baron Haussmann s'en donnèrent à cœur joie. Des quartiers entiers furent démolis, des rues nouvelles percées, des immeubles bâtis -- tous sur le même modèle --, des promenades plantées, des rivières asséchées, d'autres inventées, des étangs artificiels creusés, tout cela pour faire place en maints endroits à la ville nouvelle que tu connais, mais qui, pour moi, évoque une ancienne maîtresse que l'on retrouve après une longue absence, la taille avachie et les traits déformés."

Bref, je suis restée sur ma faim et je trouve que la promesse du bandeau "Toute la lumière sur la mort de Nerval" n'est pas tenue ! Mais ce n'est pas pour cela que ce petit roman (ou cette longue nouvelle) ne trouvera pas son public ! C'est ce que je souhaite à l'auteur.

samedi 2 juin 2012

La Baronne meurt à cinq heures de Frédéric Lenormand

Cela fait déjà fort longtemps que j'ai annoncé dans les nouvelles fraîches (qui ne le sont pas vraiment dans ce cas) cette lecture ! La voici enfin...

L'éditeur (Jean-Claude Lattès) en parle : 
Le bien-être de Voltaire est menacé. On a retrouvé sa protectrice, la baronne de Fontaine-Martel, assassinée dans son lit, et pour l’heure aucun suspect. S’il ne veut pas se retrouver à la rue en ce froid février 1733 (ou pire, à la Bastille !), il lui faut faire preuve de ressources et retrouver le criminel avant que celui-ci n’aille s’en prendre à d’autres honnêtes gens, lui par exemple… Heureusement, de ressources, Voltaire n’en manque pas. Car il sera bientôt rejoint par Émilie du Châtelet ! Brillante femme de sciences, enceinte jusqu’au cou, elle va l’accompagner dans son enquête, résolvant plus d’une énigme. Mais leur mission n’est pas sans dangers : il leur faudra affronter de redoutables héritières en jupons, des abbés benêts, des airs de flûte assassins, des codes mystérieux, et un lieutenant-général de police qui guette la première occasion d’embastiller notre philosophe…
Un roman historique à la fois rigoureux et très amusant, qui répond avec brio aux engouements du public : Frédéric Lenormand a un ton et une plume qui donnent aux personnages une répartie et une vivacité rares. Après le succès des 16 volumes du Juge Ti, la réputation de l'auteur n'est plus à faire...

Les premières pages sont ici (cliquez !), sur le site du Masque, qui a repris l'édition en poche dans la collection Labyrinthes. 

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Une fois n'est pas coutume, c'est une chronique radiophonique qui a motivé ma lecture ! En effet, j'ai entendu sur France Info un libraire enthousiaste expliquer que c'était une excellente lecture pour les lycéens qui allaient étudier Voltaire... Vous pouvez écouter cette chronique ICI (oui oui vous pouvez cliquer). Je me suis donc précipitée.  

Mon avis après lecture : 
Euh... mi-figue, mi-raisin. Il faut déjà savoir que je n'aime pas trop les polars, même historiques. Le livre partait donc avec un handicap... J'ai trouvé amusant de rencontrer Voltaire et madame du Châtelet, j'ai adoré l'humour des dialogues (il me plaît d'imaginer Voltaire ironique en paroles autant que dans ses écrits mais j'avoue avoir eu du mal à me passionner pour l'intrigue, même si elle fourmille de bonnes idées (comme le code musical dont j'aurais aimé avoir l'explication précise, ma curiosité me perdra !). C'est peut-être dû aussi au fait que j'avais commencé ce livre avant d'être interrompue par l'hospitalisation d'un proche, ce qui a rendu ma lecture hachée et je déteste ça ! Je suis sûre qu'une lecture d'une traite m'aurait davantage séduite.

Bonheur de phrases :
Dialogue entre le lieutenant général et le philosophe :
"-- Tenez, Arouet ! Puisque vous êtes là, j'ai une pile de poèmes interdits dont nous recherchons les auteurs. Voulez-vous voir avec moi lesquels sont les vôtres ? 
-- Gageons que notre police attraperait davantage de voleurs si elle s"intéressait moins à la poésie, répondit l'intéressé. 
-- Aucun voleur ne fera plus de mal qu'un écrivain [...]"
Pensée philosophique :
"Les seuls défauts insupportables sont ceux d'autrui, constata l'écrivain."
Voltaire étonné par l'intelligence d'Émilie du Châtelet : 
"[...] Vous avez cassé un code fait pour résister aux esprits les plus fins ? 
-- Aux plus fins esprits masculins, peut-être, mais non à celui d'une femme, dirons-nous, conclut-elle avec ce qui pouvait passer pour de la modestie."
Et enfin, parce que la littérature doit vivre, même trois siècles après celui des Lumières :
"Une nation qui écrit est une nation qui progresse ! plaida l'écrivain."

Sur le net : euh je ne sais pas !
À bien y regarder, en relisant ces phrases que j'aime... je suis contente de cette lecture ! Je suis sûre que d'autres amateurs de romans historiques, notamment policiers, vont adorer !