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mercredi 17 août 2016

Journal de la canicule de Thierry Beinstingel

Une lecture... de saison ! :-)


L'éditeur en parle : 

         Avant, le soir, pour me détendre, je faisais des croquis, avec règle et compas, comme on me l’a appris pendant mes études de dessin industriel.
            Maintenant j’écris sur un cahier volé dans la maison d’en face, désertée par ses occupants.
           Je me suis toujours fait l’effet d’un homme sans histoires. Ce qui m’a pris d’entrer dans cette maison, je ne saurais l’expliquer. La poussière qui s’accumulait sur la voiture garée devant, la boîte aux lettres qui débordait de publicités ont dû me faire craindre un événement dans le genre des faits divers dont parlent parfois la télévision ou les journaux.
            Ce que j’y ai découvert n’avait rien de spectaculaire.
       Pourtant, ce cahier que j’y ai ramassé dans une chambre d’enfant allait bouleverser mon existence.

Thierry Beinstingel est l’auteur de plusieurs romans très remarqués, parmi lesquels Retour aux mots sauvages (Fayard, 2010), Ils désertent (Fayard, 2012) et Faux nègres (Fayard, 2014). Il poursuit dans ce nouveau roman son inlassable enquête sur le rôle du langage, à travers l’histoire d’un homme à qui les mots se sont imposés, d’abord pour se protéger, puis pour l’éclairer.


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Je lis tous les livres de Thierry Beinstingel depuis son premier roman. D'ailleurs je vous avais présenté un de ses romans ICI et je vous avais avoué que j'étais vraiment fan. Mais là, mon année a été très éprouvante et j'ai même zappé la sortie de ce roman (mais le dernier est sorti aujourd'hui et je l'ai déjà). Du coup, j'ai donc pu lire avec plaisir cet été ce Journal de la canicule qui, en plus, parle d'écriture, ce qui, vous le savez, est au coeur de mes préoccupations. 


Mon avis après lecture : 

J'aime toujours autant le style de l'auteur.
L'intrigue commence à la manière d'une enquête : les voisins ont disparu. Le personnage inquiet de ce qui est arrivé à ses voisins mais aussi de ce qu'on pourrait penser de ses visites dans leur maison vide, va consigner ses remarques par écrit. Ainsi, il découvre l'écriture et se découvre...
Cette sorte de mise en abyme est l'occasion d'une réflexion sur les mots et leur pouvoir sur chacun.
On trouve aussi des réflexions sur le travail et son évolution dans le monde d'aujourd'hui, comme dans quasiment tous les autres romans de Thierry Beinstingel.


Quelques phrases en passant : j'ai eu du mal à choisir...

"Je ne sais pas pourquoi j'écris tous ces trucs dans ce carnet. Heureusement que ce n'est que pour moi,  de même que mes dessins industriels de phare, d'essuie-glace, de tableau de bord, sont destinés à rester dans des cartons. Finalement, les deux heures que je viens de passer à écrire me procurent la même sensation que m'attabler à la planche à dessin. J'ai l'impression de m'enfoncer dans la matière des choses."

"Quand on écrit, on ajoute la succession des idées et l'épaisseur du temps, tandis que quand on dessine c'est l'exactitude que l'on veut notifier à un moment donné. Ces réflexions que je ne m'étais jamais formulées me surprenaient. J'avais l'impression que c'était l'écriture qui me les avait données à travers ce cahier que je noircissais chaque jour sans pouvoir m'en empêcher."

"C'est drôle comme ça vient l'écriture. J'ai écrit tout un paragraphe sur un épisode qui n'a duré que cinq minutes à peine. Il y a parfois des moments importants qu'on aimerait graver dans le marbre. Je comprends les écrivains. Je me sens mieux après avoir couché sur le papier ces quelques lignes que je ne cesse de relire comme s'il y avait un sens caché dedans. Ça m'apaise. J'aimerais y mettre tellement d'autres choses, d'autres émotions, mais je suis d'un caractère discret, taiseux, les mots me viennent difficilement."

Encore une lecture qui va m'accompagner longtemps.
Et le relais est déjà là : Vie prolongée d'Arthur Rimbaud est sorti aujourd'hui ! Je vous en reparlerai :-)


lundi 11 juillet 2016

Une Éducation catholique de Catherine Cusset

J'ai eu bien du mal à lire ce livre, emprunté une première fois à la médiathèque, rendu sans avoir eu le temps d'y jeter un coup d'oeil, mais j'ai réussi à le réemprunter pour enfin en faire la lecture !


L'éditeur en parle : 

«"Remarque, je la comprends. C'est plus amusant de lire un roman que d'aller à la messe."
Papa, furieux, se retourne contre maman et l'accuse de saper les fondements de ma foi. Elle rétorque qu'elle n'a rien dit de mal, que de toute façon chacun est libre de penser comme il veut, et que je suis bien capable de juger par moi-même ce qui, de la lecture d'un roman ou de la messe, est le plus amusant.
"Elle n'a qu'à rester à la maison! hurle papa. Puisque c'est comme ça, j'irai seul!"
Vite je ferme mon livre, je me lève, je mets mon manteau, je suis papa.»

Marie, la narratrice de La haine de la famille et d'Un brillant avenir, raconte ici les rapports qu'elle a entretenus avec la religion au cours de son enfance et de sa jeunesse, entre un père croyant et une mère athée. Elle évoque la naissance du désir à travers des passions successives, et la découverte de l'amour, vécu d'abord comme une crucifixion, puis comme une rédemption.

Vous pouvez feuilleter le livre ICI !


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

J'avais bien aimé Un brillant avenir... et des billets de blogs ont également attisé ma curiosité par exemple, celui de Sabine ICI ! Et je suis sûre qu'il y en a eu d'autres mais cela fait si longtemps que... j'ai oublié.


Mon avis après lecture : 

Petite déception... J'ai apprécié le début mais ensuite... je n'ai plus vraiment accroché. J'attendais autre chose qu'une éducation sentimentale sans doute (ou alors je suis trop ou pas assez catho pour cette lecture !). Dommage. Mais j'aime toujours autant l'écriture de Catherine Cusset.


Quelques phrases en passant : 

"Tout ce que j'aime, moi, c'est rester à la maison. Je ne demande rien à personne. Je lis, j'écris, je colorie, je découpe, je me déguise en princesse. Je peux passer la journée à jouer seule."

"Il y a dans le catholicisme de mon père quelque chose de naïf, dont je me méfie désormais. Il semble trop facile de se dédouaner de ces erreurs humaines en s'asseyant une fois par semaine sur le banc d'une église pour prier Dieu avec humilité. [...] La vie est séparée en deux : la vraie vie d'un côté, le quotidien avec ses colères et ses cris, et la foi de l'autre, l'église où l'on va se faire absoudre."

"Depuis la mort de Thomas, plus [...] aucun professeur ne me fait peur. Je me moque d'eux, de tout. Quelle importance, ma nullité, ce devoir de philosophie ?"

mercredi 29 juin 2016

Gaspard ne répond plus d'Anne-Marie Revol

Nouvelle lecture : voici un pavé de plage pour l'été !


L'éditeur en parle : 

"Dans le cadre d’un jeu de téléréalité, Gaspard de Ronsard doit traverser l’Asie en stop. Son périple tourne court lorsqu’il chute d’un pick-up et échoue au fond d’un fossé…
 La suite se déroule entre Paris et un village égaré dans les rizières du Nord Vietnam. On y rencontrera une brocanteuse cartomancienne, un détective fleur bleue, un diariste fantasque, des producteurs de télé affolés, et une vieille chef de tribu acariâtre, My Hiên. Celle-ci n’a qu’une idée en tête : obliger Gaspard à sauver son peuple d’un danger imminent.
Parviendra-t-il à rentrer chez lui ?
Dans ce roman drôle et déluré, chacun cherche quelque chose à l’autre bout du monde, pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut peut-être accepter de tout perdre si l’on veut se retrouver…"


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Voici un livre qui m'a trouvée plus que je ne l'ai choisi ! En effet, c'est l'auteure, fan de Thierry Bizot comme moi, qui m'a proposé, par l'intermédiaire de ce blog, de m'envoyer ce roman. J'ai accepté avec enthousiasme et je suis ravie de l'avoir fait ! Pour tout vous dire, c'est la première fois que cela m'arrive de chroniquer un livre ainsi reçu. 


Mon avis après lecture : 

L'idée de ce participant au jeu Un jour, j'irai à Shangaï avec toi (qui n'est pas sans rappeler Pékin Express) qui n'a rien d'un aventurier permet toutes les fantaisies et l'intrigue se met en place petit à petit, avec des dévoilements progressifs d'indices qui entraînent le lecteur dans une double histoire (celle du passé et celle du présent) pleine (trop pleine ?) de rebondissements. Les personnages sont extrêmement divers mais tous sont attachants. Les coups de théâtre sont nombreux (un peu trop peut-être), j'ai pensé aux scènes de reconnaissance des dénouements dans les comédies de Molière... On s'attend au croisement des intrigues et on cherche comment l'histoire d'hier va rejoindre celle d'aujourd'hui à travers les multiples péripéties. 
Je préfère les romans moins foisonnants, je l'avoue, mais j'ai bien aimé cette lecture-détente, parfaite pour la saison d'été : un bon gros pavé qui tient en haleine le lecteur !
Un seul détail m'a fait bizarre : lire le nom de "Brice-sous-forêt" au lieu de Saint-Brice-sous-forêt, petite ville que je connais. 



Quelques phrases en passant :

"Je n'ai jamais osé dire : "Qui m'aime me suive", de peur de rester seul."

"Il faut parfois savoir faire preuve d'humilité : on ne rend pas les gens heureux malgré eux. 
Ce serait trop simple."

"Je donnerais cher pour me confesser. Non que j'aie grand chose à me reprocher mais au moins j'aurais quelqu'un avec qui converser. Parce que ces jours-ci, au village, question dialogue c'est l'encéphalogramme plat."

Un premier roman très réussi, qui ouvre mes lectures d'été, lectures de vacances qui vont permettre à ce blog de reprendre vie ! Un grand merci à Anne-Marie Revol pour ce joli cadeau et mille pardons pour le délai : cela fait longtemps que j'ai terminé cette lecture-plaisir mais j'ai été très lente pour mettre en ligne ce billet.
EDIT du 30 juin : j'ai oublié de dire que j'avais vraiment apprécié de lire un roman dans lequel on n'a pas le passage obligé par la scène de sexe, qui, je l'avoue, m'exaspère dans la production littéraire actuelle. À croire que les lecteurs n'ont plus d'imaginaire, il faut tout leur décrire par le menu ! Bravo à Anne-Marie Revol pour avoir su éviter cet écueil. 

jeudi 9 juin 2016

Le Mystère Henri Pick de David Foenkinos

Voici un livre dont le thème et les bonnes critiques m'ont attirée... Je l'ai donc emprunté à la médiathèque !


L'éditeur (Gallimard, collection blanche) en parle : 

"En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs."

Il est possible de feuilleter le livre ICI


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Sur mon forum pro préféré, toutes mes copiNETtes ont été enthousiasmées par ce livre : dan dont le blog (clic) est un peu endormi, Sabine qui en parle ICI, Dolly dont le billet est ICI, Gio qui n'a pas de blog, et évidemment nos grandes blogueuses littéraires Stephie ICI et Leiloona ICI... 
Du coup, j'ai demandé l'achat du livre à ma médiathèque préférée et... le bibliothécaire y avait déjà pensé ! Et j'ai pu lire ce roman plébiscité ! 


Mon avis après lecture : 

J'ai passé un merveilleux moment de lecture ! Certes, la solution de l'énigme m'est apparue très tôt, mais cela ne m'a pas gênée. C'est vraiment un roman dont l'écriture m'a séduite (d'ailleurs j'ai noté plein de citations) et pour tout vous dire, je n'avais jamais lu David Foenkinos et c'est un premier contact qui va sans nul doute être la source de nouvelles lectures !
En outre, c'est un livre qui parle de livres, d'écrivains, d'écriture, d'édition... bref, c'est un livre qui me parle !
J'ai adoré ! 


Quelques phrases glanées au fil de la lecture : 

"Écrivain est le seul métier qui permette de rester sous une couette toute la journée en disant : « Je travaille. »"

"-- Il ne parlait pas beaucoup. Alors peut-être que c'était pour garder tous ses mots pour son livre."

"On ne pouvait pas terminer la lecture de ce roman, sans être saisi d'une curiosité totale à l'égard de son improbable genèse. D'une manière générale, notre époque traque le vrai derrière toute chose et surtout la fiction." 

"Aux États-Unis, le livre sortirait sous le titre suivant : Unwanted book. Un choix surprenant car il évoquait davantage l'histoire de la publication que le roman lui-même. Mais c'était une preuve tangible que notre époque mutait vers une domination totale de la forme sur le fond."

"Écrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir."

Comme toujours, les livres qui parlent d'écriture me fascinent. Celui-ci ne fait pas exception. Si vous êtes comme moi, n'hésitez pas, c'est une véritable pépite. Je ne suis pas près de l'oublier !

mardi 10 mai 2016

La Nuit de feu d'Éric-Emmanuel Schmitt

Nouvel emprunt à la médiathèque : un récit autobiographique d'Éric-Emmanuel Schmitt. 


L'éditeur en parle : 

À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée dans le grand sud algérien. Au cours de l’expédition, il perd de vue ses compagnons et s’égare dans l’immensité du Hoggar. Sans eau ni vivres durant dans la nuit glaciale du désert, il n’éprouve nulle peur mais sent au contraire se soulever en lui une force brûlante. Poussière d’étoiles dans l’infini, le philosophe rationaliste voit s’ébranler toutes ses certitudes. Un sentiment de paix, de bonheur, d’éternité l’envahit. Ce feu, pourquoi ne pas le nommer Dieu ?
Cette nuit de feu – ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique –, Éric-Emmanuel Schmitt la raconte pour la première fois, dévoilant au fil d’un fascinant voyage intérieur son intimité spirituelle et l’expérience miraculeuse qui a transformé sa vie d’homme et d’écrivain. Les chemins qu’il trace ici sont inscrits en chacun de nous.


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Vous allez vous dire que je suis une grande lectrice de récits de conversion et... vous n'aurez pas tout à fait tort. :-) Après la lecture de Thierry Bizot (rappelez-vous : clic), j'ai eu envie de lire La Nuit de feu d'Éric-Emmanuel Schmitt, auteur que j'aime beaucoup. 
Mes élèves ont d'ailleurs souvent l'occasion de lire La Nuit de Valognes (évidemment !), mais aussi Lorsque j'étais une oeuvre d'art (ce sont des artistes) et ils apprécient ! 
Pour ma part, j'aime la réflexion que provoque chacune de ses oeuvres, qu'il s'agisse de roman, de pièce de théâtre, de nouvelle... On ne sort jamais indemne de sa lecture : on sort grandi et c'est un bonheur. 


Mon avis après lecture : 

Une fois de plus je n'ai pas été déçue ! Mais voici un livre très différent de tous ceux d'Éric-Emmanuel Schmitt que j'ai pu lire auparavant. L'expédition de l'auteur, alors jeune philosophe, dans le Hoggar est un véritable voyage initiatique. Il y trouve ce qu'il n'est absolument pas venu chercher. D'ailleurs, ses discussions avec Ségolène, l'ophtalmologiste croyante qui participe également au voyage, montrent qu'il n'envisage initialement pas un instant l'existence de Dieu. L'expérience mystique vécue par Éric-Emmanuel Schmitt va faire de lui un homme nouveau et j'ai été très touchée qu'il partage ce moment.
L'auteur faisait cette randonnée pour se mettre dans les pas de Charles de Foucauld, sur lequel il devait écrire un film. Avant son départ, Éric-Emmanuel Schmitt avait recopié et emporté la prière d'abandon de Charles de Foucauld, qu'il considérait comme manifeste d'une spiritualité qui lui était étrangère. Il la fait désormais sienne. Je ne connaissais pas cette prière qui propose de remercier, de s'émerveiller,  et d'adorer, mais je la trouve très belle . 


Quelques phrases en passant : 

"Le véritable voyage consiste toujours en la confrontation d'un imaginaire à une réalité ; il se situe entre ces deux mondes. Si le voyageur n'espère rien, il ne verra que ce que voient les yeux ; en revanche, s'il a déjà modelé les lieux en songe, il verra davantage que ce qui se présente, il percevra même le passé et le futur au-delà de l'instant ; éprouverait-il une déception, elle s'avérerait plus riche, plus fructueuse qu'un simple procès-verbal."

"Quelque part mon vrai visage m'attend."

"Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s'émerveiller qui manquent, mais les émerveillés."

"Un préjugé chasse l'autre. Jadis, les gens croyaient parce qu'on les y incitait ; aujourd'hui, ils doutent pour le même motif. Dans les deux cas, ils s'imaginent penser alors qu'ils répètent, qu'ils mâchouillent des opinions, des doctrines de masse, des convictions qui ne seraient peut-être pas les leurs s'ils réfléchissaient."

"Dieu, je L'ai atteint par le coeur. Ou Il a atteint mon coeur. Là en moi, s'est creusé un corridor entre deux mondes, le nôtre et le Sien. J'ai la clé, le chemin. Nous ne nus quitterons plus. Quel bonheur qu'Il existe ! Joie ! Par ma foi toute neuve, je l'éprouve de façon puissante.
Que m'a-t-Il enseigné ?
"Tout a un sens. Tout est justifié."
Je me réchauffe à cette phrase qui transcrit correctement ce que j'ai recueilli.
"Tout a un sens. Tout est justifié."
Désormais, quand je ne saisirai pas quelque chose, je ferai crédit. La raison que je n'apercevrai pas, elle manquera à mon esprit, pas à la réalité. Seule ma conscience bornée touche ses limites, pas l'univers."


Je crois vous l'avoir déjà dit : la spiritualité, ça ne peut pas nuire.  ;-)

samedi 7 mai 2016

Quelqu'un pour qui trembler de Gilles Legardinier

J'ai déjà lu d'autres livres de Gilles Legardinier (voir ICI mais aussi ICI et ICI) et j'ai eu envie de lire son dernier roman. 


L'éditeur en parle : 

Pour soigner ceux que l'on oublie trop souvent, Thomas a vécu des années dans un village perdu en Inde. Lorsqu'il apprend que la femme qu'il a autrefois quittée a eu une fille de lui, ses certitudes vacillent.
Il lui a donné la vie, mais il a moins fait pour elle que pour n'importe quel inconnu. Est-il possible d'être un père quand on arrive si tard ? Comment vit-on dans un monde dont on ne connaît plus les codes ? Pour approcher celle qui est désormais une jeune femme et dont il ne sait rien, secrètement, maladroitement, Thomas va devoir tout apprendre, avec l'aide de ceux que le destin placera sur sa route.
Voici la réjouissante histoire de ce que nous sommes capables de réussir ou de rater au nom de la seule chose qui compte dans nos vies.

Grâce à ses best-sellers, Gilles Legardinier a fait rire et ému des millions de lecteurs à travers le monde. Son humour et une humanité sincère, alliés à un goût unique pour les histoires décalées, trouvent un écho de plus en plus grand.
Une fois de plus, à travers des personnages bouleversants et des situations hilarantes dont il a le secret, cet auteur atypique parvient à nous surprendre pour mieux nous entraîner ailleurs, au plus profond de nous...

Le site de l'auteur est ICI : clic


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Eh bien, je ne suis pas forcément une fan absolue de l'auteur mais j'ai été attirée d'abord par la couverture (ces coussinets !), puis par la quatrième de couverture et l'annonce de l'intrigue. 


Mon avis après lecture :

Parmi ceux que j'ai lus, c'est le livre de l'auteur que j'ai préféré. Pourquoi ? Je ne sais pas ! Sans doute parce que la maison de retraite où se déroule une bonne partie de l'intrigue fait écho à de douloureuses préoccupations familiales actuelles. Ça fait du bien de lire qu'une maison de retraite peut être un lieu de bonheur et de vie. 
J'ai trouvé les personnages attachants et l'intrigue originale. L'écriture est toujours aussi agréable à lire, avec un style alerte, des dialogues vifs (et enfin une histoire qui ne passe pas par la case "scène de sexe obligatoire" de la littérature contemporaine !) 


Quelques phrases en passant : 

"La seule chose qui compte, c'est d'avoir quelqu'un pour qui espérer mieux. L'essentiel, c'est d'avoir quelqu'un pour qui trembler."

"L'âge est une façon d'envisager le monde, un moyen de se situer parmi les autres. Peu importe le nombre de bougies sur ton gâteau. Laisse-moi te confier ce que je crois. Tu resteras jeune tant que tous les ennuis que tu affronteras viendront des autres, de l'extérieur. Le jour où tu t'apercevras que ce que tu es devenu t'empêche de vivre comme tu l'entends, ce sera différent. Physiquement ou mentalement, tu toucheras ta propre limite. [...] On est vieux quand on devient son propre ennemi."

"On ne devrait jamais parler de la fin aux jeunes, on devrait les laisser découvrir la vie sans rien leur dire. Offrons-leur la chance de de se faire surprendre par l'amour, par la violence du monde, par ce qu'offre ou ce que coûte chaque âge, et même par la mort. [...] On les encombre, on leur enseigne nos peurs, on ne leur montre que nos échecs, on ne leur donne que des leçons. Et nous sommes incapables de leur faire ressentir nos joies et nos espoirs, qui pourtant justifient tout."

Une histoire douce-amère, dont les situations oscillent entre drôlerie et émotion. Je vais finir par devenir fan de Gilles Legardinier ;-) 

mardi 19 avril 2016

Sauf miracle, bien sûr de Thierry Bizot

Il y a quelques mois, je vous avais présenté une lecture surprise qui m'avait séduite. Souvenez-vous, c'était ICI ! En voici la suite... 


L'éditeur en parle : 

"Longtemps je n'ai pas été particulièrement croyant, et tout allait bien.

Il y a cinq ans, j'ai accepté une invitation à une catéchèse de quartier. J'y suis allé avec des pieds de plomb. L'endroit était sinistre et déprimant.

C'est là que l'inimaginable s'est produit : je me suis mis à aimer Jésus.

Cette rencontre, je l'ai racontée dans Catholique anonyme.

Depuis, tout le monde me demande si cette drôle d'histoire d'amour perdure ou si je suis redevenu « normal ».

Et voilà l'incroyable : non seulement cette liaison se poursuit, mais il m'arrive des choses étonnantes.

On m'a invité à témoigner, à travers la France, dans des réunions privées ou dans des salles de cinq cents personnes. J'y ai croisé des illuminés, des cathos rigides, des chrétiens enthousiastes, des gens sincères et émouvants. Ma femme, plutôt méfiante au sujet de la religion, a décidé de réaliser un film de cinéma inspiré de mon livre. Nous avons mis deux ans à produire Qui a envie d'être aimé ?, sorti en salles en 2011. J'ai entretenu une vraie amitié épistolaire avec une dame de... cent ans. J'ai fait des rencontres surprenantes avec des SDF et j'ai des échanges nourris par internet avec une moniale, cloîtrée dans son monastère...

Ma vie n'a pas changé, mais elle n'est plus tout à fait la même, car mon nouveau boss, c'est Jésus !


Thierry Bizot a créé Éléphant et Cie avec Emmanuel Chain, une société de production à qui l'on doit en particulier le magazine Sept à huit et la série Fais pas ci, fais pas ça. Il a publié trois romans aux Editions du Seuil et, en 2008, Catholique anonyme qui a connu un grand succès.

Un extrait est en ligne ICI


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Je vous l'avais dit en vous parlant de Catholique anonyme ICI, j'avais très envie de lire cette suite. C'est pour cela que j'ai demandé à ma médiathèque préférée de l'acheter et en voici donc ma lecture. 


Mon avis après lecture : 

J'ai préféré le récit de la conversion de Thierry Bizot dans Catholique anonyme, mais j'ai aimé connaître la suite de sa... crise de foi, qui perdure, ce qui est rassurant : quand on a rencontré Jésus, ça change la vie, toute la vie.
J'ai le DVD de Qui a envie d'être aimé (l'adaptation filmique de Catholique anonyme par la femme de Thierry Bizot, dont il est beaucoup question dans Sauf miracle, bien sûr) et j'ai hâte de le voir !


Quelques phrases en passant :

"[...] le fait d'avoir la foi n'est pas une fin en soi. Cela doit vous apporter, à vous ainsi qu'aux autres, quelque chose de concret. Les symptômes de la foi, selon moi, sont la sérénité, la joie et la bienveillance. Dans certaines occasions, plus rares, l'humilité aussi. Plutôt que de monter sur une chaise en salle de réunion et de proclamer votre foi en Jésus, ce qui vous fera passer pour une folle et compromettra votre prochaine augmentation de salaire, faites profiter vos collègues, chaque jour, sans rien dire, de votre sérénité, de votre joie de vivre et de votre intarissable bienveillance à leur égard. Et si, par extraordinaire, l'un d'entre eux vous demande un jour d'où vous viennent ces dons, alors vous lui parlerez de votre foi."

"Dès que je commence à raconter ma rencontre avec Jésus et l'histoire d'amour qui s'est ensuivie, j'oublie tout ce que je voulais dire, et le récit me vient comme il vient, sans que j'aie à le penser. Certes, je raconte toujours la même histoire, la mienne, et cependant les mots pour la dire sont souvent nouveaux et je les découvre alors avec étonnement, car ils m'apprennent beaucoup sur ma relation avec Jésus. C'est comme si une sorte de lumière, douce et limpide à la fois, venait se poser sur mes idées, et des phrases neuves, qui attendaient de s'exprimer, qui patientaient dans la pénombre, se mettent à éclore."

"Je me rappelle une phrase que m'avait écrite Jehanne.
Le vrai bonheur, c'est celui des autres."

Cette double découverte, de Catholique anonyme et de Sauf miracle, bien sûr, m'a donné envie de retrouver des lectures plus spirituelles, dont je ne vous parlerai pas ici, mais qui vont m'accompagner  avec bonheur. 

mardi 5 avril 2016

La Renverse d'Olivier Adam

Voici une nouvelle lecture avec le dernier roman d'Olivier Adam, emprunté à la médiathèque.

L'éditeur en parle : 

"Ce n'est qu'au moment d'entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m'a vraiment heurté, qu'elle a commencé à filer le tissus du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J'ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s'allumait sur une chaîne d'information en continu. A l'instant où j'y posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s'est figé sur l'écran. J'ai demandé qu'on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l'information, qu'il n'avait pas été fait mention de ma mère m'a traversé l'esprit."

Dans La renverse, Olivier  Adam retrace l'itinéraire d'Antoine, dont la vie s'est jusqu'à présent écrite à l'ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l'impunité et l'humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l'univers politique. 


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

C'est le billet de Dollylou sur son blog Livres et Compagnie ICI qui a motivé ma réservation à la médiathèque. 


Mon avis après lecture : 

Je crois que c'est le premier livre d'Olivier Adam que je lis... oups j'en rougis ! J'ai beaucoup aimé cette lecture : une fois le roman commencé, impossible de le lâcher. 
J'ai trouvé l'intrigue originale et j'ai été émue par le triste sort d'Antoine et de son frère Camille, détruits par le scandale politico-sexuel qui a bouleversé leur vie. Je dois tout de même avouer que j'ai été, comme d'habitude, agacée par les scènes de sexe, qui semblent le passage obligé du roman contemporain, mais qui ne me paraissent pas nécessaires (et je dois être une vieille peau coincée).


Quelques phrases :

"La mémoire est la chose la moins fiable qui soit. Surtout la mienne."

"Nous ne parlions de nos parents que pour nous plaindre des punitions et restrictions qu'ils nous infligeaient, des injustices dont nous pensions être victimes, de leur incapacité à nous comprendre, à dialoguer même, de l'ennui qu'ils nous inspiraient, de leurs goûts et de leurs idées de vieux. Comme tous les adolescents du monde. Nous nous jurions de ne jamais leur ressembler. Mais jamais nous n'interrogions ce qu'ils étaient l'un et l'autre. Ni le couple qu'ils formaient. Et la vie qu'ils avaient choisi de vivre ensemble."

"Ce jour-là, je suis rentré à la maison. Il me semblait que c'était ma place. La manière dont un fils était supposé se comporter dans ce genre de circonstances. Ce qu'on était en droit d'attendre de lui. Voilà bien la façon que j'avais alors de me comporter vis-à-vis de beaucoup de gens et de situations. Je ne vivais rien au premier degré. Je vivais tel que je croyais être censé le faire."


Un auteur que j'ai eu plaisir à découvrir et dont je lirai volontiers d'autres ouvrages !

dimanche 28 février 2016

La Maladroite d'Alexandre Seurat

Voici aujourd'hui une lecture choc que je ne suis pas près d'oublier. 


L'éditeur en parle : 

"Inspiré par un fait divers récent, le meurtre d’une enfant de huit ans par ses parents, La maladroite recompose par la fiction les monologues des témoins impuissants de son martyre, membres de la famille, enseignants, médecins, services sociaux, gendarmes… Un premier roman d’une lecture bouleversante, interrogeant les responsabilités de chacun dans ces tragédies de la maltraitance."


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

J'avais lu des critiques sur ce livre lors de sa sortie, en particulier celle de Leiloona, du blog Bricabook, ICI. Leiloona y parlait d'un roman "coup-de-poing" loin d'être un "feel good book" et malgré cela, alors que j'aime souvent les lectures légères, j'ai eu envie de lire ce premier roman (d'un collègue). 


Mon avis après lecture :

J'ai, comme tous les lecteurs de ce roman je crois, pris une grande claque. Leiloona évoquait une progression du lecteur dans l'oeuvre la gorge nouée et c'est tout à fait ça. L'histoire de la petite Diana bouleverse, émeut et l'on ne peut en sortir indemne, d'autant que le fait divers qui a inspiré l'auteur est encore vif dans les mémoires. Aurait-on pu éviter un tel drame ? 
L'auteur ne sombre jamais dans le pathos, les cruautés infligées à la fillette ne sont jamais précisées, mais la lecture laisse monter l'impression atroce du drame imminent et inévitable. 
La polyphonie ajoute à la douleur que l'on ressent à la lecture : chacun a fait, à sa mesure, ce qu'il a pu, ce qu'il "devait faire"... et pourtant les lenteurs administratives, le manque de communication parfois, ont eu raison de toutes les tentatives d'aide à Diana et à sa famille en souffrance. 
Nini DS a lu ce livre il y a peu et dit qu'elle en est sortie "sonnée" (voir son billet ICI). C'est tout à fait ça. Et l'uppercut reçu laisse KO. 


Quelques phrases : 

"Alors, je ne vois plus ma classe, mes élèves se figent en noir et blanc -- et parmi eux, il y a Diana : elle est la seule à ne pas être en noir et blanc et à ne pas être immobile, je la sais en danger, elle me regarde, comme si elle guettait de moi ce que je peux faire, ce que je vais faire. Mais dans le cauchemar, je sais que tout est déjà trop tard pour elle, elle me regarde, et je ne peux rien faire, et je voudrais qu'elle me pardonne." (l'institutrice)

"[La médecin scolaire] s'est tue un moment, a souri, puis a dit lentement que c'était plus compliqué que ça, qu'avant de jeter le discrédit sur une famille, il fallait une certaine circonspection -- c'étaient ses termes, discrédit, circonspection, et elle a dit que les droits de la famille prévalaient, qu'il fallait des faits concrets. Pendant un moment, je n'ai rien pu dire. Des faits concrets ? Elle m'a calmement raccompagnée à la porte." (l'institutrice)

"[...] il [le policier] insistait, il voulait savoir si je pouvais avoir une idée d'où elle serait allée, où elle aurait aimé partir, ma soeur, si elle était partie, mais je n'en savais rien. Alors il m'a demandé ce que j'imaginais qu'elle aurait pu vouloir que je fasse pour elle, s'il lui était arrivé quelque chose. Je l'ai regardé, et j'ai failli lui dire qu'elle n'aurait jamais pensé à ce que j'aurais pu faire pour elle, parce que personne n'avait jamais rien fait pour elle, et que je ne ferais rien pour elle, puisque c'était fini. Mais j'ai rien dit." (le frère)

Voilà. Un livre à lire absolument, même s'il est dur. 

vendredi 12 février 2016

La Voix sombre de Ryoko Sekiguchi

Un livre exposé sur la table des nouveautés de ma médiathèque m'a attirée... 

L'éditeur en parle : 

Il faut entendre le titre La Voix sombre dans les deux sens possibles. La tristesse, mais aussi la disparition. Ce livre est en effet une suite de pensées sur ce qu'il reste d'une voix quand celle ou celui à qui elle appartenait n'est plus. Qu'est-ce qu'une voix enregistrée ? Qu'est ce que la trace que laisse une voix ? est-elle matérielle, corporelle ? Et de là, le livre s'étend à l'image, aux odeurs, et puis il devient une réflexion sur l'absence, la mort.

Le livre peut être feuilleté ICI (clic)


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Je ne suis pas une grande lectrice de littérature japonaise (même si Ryoko Sekiguchi écrit en français). Mais j'ai perdu ma voix, mon outil de travail, au mois d'octobre dernier et je ne dois mon salut qu'à des séances hebdomadaires chez l'orthophoniste depuis... alors évidemment, ma voix ayant sombré, j'ai été attirée par le titre de ce livre. 


Mon avis après lecture : 

Ce petit livre est pour moi un grand livre. Je ne suis pas vraiment une auditive, mais l'idée d'enregistrer la voix de ceux qu'on aime, la pertinence des remarques sur le temps de la voix et le temps de l'écoute m'ont fait réfléchir. J'ai beaucoup aimé ce livre... 


Quelques phrases en passant : 

"La voix trouble la temporalité parce qu'elle est condamnée à rester au présent pour toujours."

"En définitive, dans nos sociétés, on est peu soucieux de conserver les traces directes du corps : odeur, cheveux ou écriture. Ni les objets fabriqués, tricotés, brodés, façonnés par la personne. Et encore moins la peau, le corps lui-même en forme de momie. Reste ce qui est sans corps, photographie et vidéo." 

"La voix est la seule partie du corps qu'on ne puisse pas enterrer. on peut enterrer les cordes vocales ; pas la voix, les ondes enregistrées."

"Pourquoi la fin est-elle insupportable ? Pourquoi les fins sont-elles considérées par définition comme un mal, et les fils de vie, par définition, condamnés à suivre leur cours ? Cette question, parallèle à la question  de la présence-absence-disparition, persiste intacte sans trouver de réponse. 

Sans trouver de voix pour répondre."

Une lecture qui me restera longtemps en mémoire. 

dimanche 24 janvier 2016

La Variante chilienne de Pierre Raufast

Voici un livre que j'ai lu grâce à Price Minister, dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire et que j'ai chroniqué sur IG. Je l'avais choisi après avoir lu l'avis enthousiaste de Leil sur Bricabook ICI

L'éditeur en parle : À PROPOS DU LIVRE

"Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux.
Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Deux vacanciers, réfugiés pour l’été au fond d’une vallée, le rencontrent  par hasard. Rapidement des liens d’amitiés se tissent au fur et à mesure que Florin puise ses petits cailloux dans les bocaux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le professeur revenu de tout, il raconte. L’histoire du village noyé de pluie pendant des années, celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase, celle de la piscine transformée en potager ou encore des pieds nickelés qui se servaient d’un cimetière pour trafiquer."


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

C'est facile, c'est le billet élogieux de ma copiNETte blogueuse Leiloona ICI qui m'a conquise. En effet, elle parle d'un véritable conteur et qui n'a pas envie de lire des histoires ? J'avoue que j'avais aussi entendu parler en bien du premier roman de l'auteur, La Fractale des raviolis


Mon avis après lecture : 

Je ne dirai qu'un mot : génial ! C'est un vrai bonheur de lecture, surtout que les histoires s'enchaînent sans temps mort et avec des personnages variés et terriblement attachants ! L'amitié lie les hommes comme les histoires et le lecteur est ému (en tout cas, moi je l'ai été !). J'ai aimé le principe des cailloux de mémoire de Florin. En effet, Florin, après un coma, ne ressent plus d'émotions. Il comprend vite comment mimer celles-ci, mais les souvenirs se nourrissent d'émotions et de ce fait, Florin ne mémorise plus sa vie... C'est pourquoi il conserve dans des bocaux des cailloux dont le simple contact lui permet de retrouver instantanément ses souvenirs. Pour être honnête, j'ai vraiment presque regretté les galets que j'avais longtemps gardés en souvenir d'un tas d'événements importants seulement pour ma petite personne... 
Seul reproche à faire à ce livre : j'aurais voulu que ça dure plus longtemps. Voici la petite mise en scène que j'ai montrée sur IG pour présenter ce roman... avec le roman, de petits cailloux, un jeu de Scrabble, un valet de coeur, des poésies de Musset... autant de souvenirs pour Florin et d'autres personnages ! 



Bonheurs de phrases : 

"Petit carnet, j'en arrive à cette conclusion : 
Après ces vacances, je partirai. 
Je vivrai sans mémoire. Un jour blanc, un jour noir."

"-- Ce ne sont pas des cailloux, mais des pépites, dis-je pensif. 
  -- Oui. C'est toute ma mémoire." 

"[...] j'ai une chance incroyable de pouvoir m'affranchir du passé. Je vis au jour le jour dans une grande sérénité : sans regret ni remord. Je vis ici et maintenant : les deux pieds bien au sol." Une vraie leçon de pleine conscience ;-) 

Voici un livre qui m'a enchantée et j'ai déjà prévu d'emprunter à la médiathèque le premier roman de l'auteur ! 

jeudi 31 décembre 2015

Catholique anonyme de Thierry Bizot

Voici un livre qui n'était pas sur ma PAL. Un livre que je ne devais pas lire "a priori". Et c'est c'est une très belle rencontre. 

L'éditeur initial (Seuil) en parle en citant l'auteur : 


Il faut avoir une sacrée motivation pour faire son coming-out spirituel dans le milieu des médias.

Jusqu’à l’âge de 44 ans, j’ai été un catholique non pratiquant, non communiquant, non convaincu. N’étant pas suicidaire de nature, je n’ai jamais revendiqué mon éducation catholique, afin de ne pas passer pour un ringard, ce qui représente la condamnation ultime pour un producteur de télévision.

Et puis un jour j’ai reçu chez moi une étrange invitation… Un professeur de mes enfants, que j’estime beaucoup, me proposait de venir un soir à une catéchèse pour adultes, à deux pas de chez moi. Plus intrigué qu’autre chose, et désireux de lui faire plaisir, j’ai participé pendant deux mois, de façon décousue et méfiante, à des séances qui me paraissaient intellectuellement intéressantes. J’y suis allé pour me cultiver, un peu comme si j’assistais à des cours de philo…

Et c’est là que j’ai fait une rencontre.

Une rencontre qui a changé toute ma vie.

T.B


Thierry Bizot ne prêche pas. Il raconte avec beaucoup de finesse et de drôlerie ce qui lui est arrivé. Ce récit est aussi le portrait d’un homme d’aujourd’hui, fonceur et anxieux, qui voudrait tout réussir. Vie professionnelle et vie privée sont traitées avec une sincérité totale, un sens aigu de l’observation et de l’autodérision. Croyant ou pas, chacun s’y retrouvera.

Un extrait est en ligne ICI (clic).


Ce qui m'a donné envie de le lire :


Ah la la... c'est bien difficile. Peut-être que c'est lui qui m'a choisie... Que je vous raconte. J'avais un RV chez le coiffeur en début de matinée et un RV chez le médecin en fin de matinée. Entre les deux, pas le temps de rentrer à la maison. D'ordinaire, je ne sors pas sans un livre dans ce genre de circonstances ! Mais là, j'avais clairement tout oublié ! Fort heureusement, la médiathèque n'était pas loin... Je m'y suis donc précipitée. J'ai regardé rapidement et c'est le rayon "Témoignages" qui m'a fait de l'oeil. J'ai hésité entre le nième témoignage d'une collègue enseignante sur les bonheurs et douleurs de notre beau métier et puis le titre Catholique anonyme m'a attirée. J'ai beaucoup attendu chez le médecin et j'ai lu les trois quarts du livre pendant ce temps... C'était hier ! Et aujourd'hui, vite vite, je l'ai terminé. 


Mon avis après lecture : 

J'ai été emportée. J'ai suivi le parcours de Thierry Bizot avec bonheur et peut-être une pointe d'envie. C'est que je ne suis pas en odeur de sainteté (hahaha) pour l'Église : divorcée d'un mariage religieux et remariée... mais je suis persuadée au fond de moi -- oups ça doit être très mal de le penser et encore plus de l'écrire -- que Dieu est Amour inconditionnel, donc plus généreux et plus ouvert que ses représentants. À l'intérieur du "roman" (c'est ce qui est écrit sur la première page), comme un clin d'oeil, j'ai trouvé un marque-page laissé par le précédent lecteur (la précédente lectrice ?), une feuille découpée sur laquelle était écrit en rouge Vie Nouvelle. La coïncidence m'a amusée... 
Ma lecture a été rapide. Boulimique. Et j'ai été vraiment émue par ce récit d'une conversion moderne (les seuls récits de conversion que je connaissais étaient celui de Blaise Pascal et celui de Paul Claudel). De nombreux passages m'ont séduite et je les ai notés précieusement. Et j'ai maintenant très envie de lire la suite : Sauf miracle, bien sûr. Il semble aussi qu'il y ait eu une adaptation filmique réalisée par la femme de l'auteur, Anne Giafferi : Qui a envie d'être aimé ? Je vais regarder dans ma médiathèque préférée !


Bonheurs de phrases en passant : 

"Pour tout ce qui concerne la religion, je suis immature, j'en conviens. Si je comparais ma culture spirituelle à celle que j'ai du roman, elle se limiterait à la Comtesse de Ségur, au "Club des cinq" et à la Bibliothèque Verte", et je serais bien obligé de trouver la littérature peu représentative de ma vie d'adulte... On me conseillerait alors de découvrir Balzac ou Faulkner et ce ne serait pas du luxe. 
Mais je peux me passer de religion mieux que des livres. La preuve, mes seuls contacts avec l'Église ces vingt dernières années ont été les messes de Noël, quelques enterrements, et des mariages, dont le mien. Et enfin cette récente séance de catéchèse. On ne peut pas dire que je sois intoxiqué ! Cela ne m'a pas empêché de bien vivre jusqu'ici."

"Ce programme, dans lequel je m'étais inscrit en touriste, en cynique désabusé et content de lui, m'a fait réfléchir."

"Soudain fond sur moi une vérité toute simple, qui me foudroie : cette petite troupe que j'ai sous les yeux, ces bras cassés, comme il me plaît de les qualifier, eh bien... j'en suis un. 
Je leur ressemble, je suis comme eux et je ne le savais pas. 
Je suis un bras cassé. Un pauvre type comme les autres, qui cherche sa bouée de sauvetage. une âme perdue. Comme chacun d'entre eux. Je ne suis ni mieux, ni moins bien. Je suis fait de la même pâte, du même sang, de la même banalité. Je suis de la race qui murmure. Je n'ai rien de supérieur. Et, si je suis ici, ce n'est pas par hasard."


Voilà donc cette lecture surprise en ce dernier jour de 2015... Nul doute que la suite sera au programme de mes lectures 2016. Un peu de spiritualité ne nuit jamais. 

lundi 16 novembre 2015

Le Fil de Sophie Lemp


Voici un livre que j'ai depuis un moment dans ma PAL mais que je n'avais pas pris le temps de lire. 


La quatrième de couverture donne quelques éléments : 

«Ma petite fille chérie, ce joli carnet que tu m'as offert pour mon anniversaire, je vais te le consacrer... Si un jour tu lis ces pages, tu sauras combien tu es mon bonheur.»
Trois carnets. L'amour qu'elle me portait irradie. Chaque page en est baignée... Grâce aux mots qu'elle avait écrits presque chaque soir, j'extirpe de ma mémoire des jours que je croyais oubliés.

Portrait croisé d'une jeune femme et de sa grand-mère. Le Fil est le récit d'un deuil, mais aussi un livre sur la transmission, sur la mémoire, sur les traces que laisse en nous notre enfance.

Sophie Lemp a 35 ans. Après avoir été comédienne, elle travaille principalement pour les fictions de France Culture, en tant qu'adaptatrice et auteur.
Le Fil est son premier texte publié.


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Plusieurs billets de blogs avaient dit à quel point ce livre était bouleversant, mais je crois que c'est le très bel article de Leiloona du blog Bricabook, que vous pouvez lire ICI, qui a achevé de me convaincre. 


Mon avis après lecture : 

J'ai été vraiment remuée par cette lecture. On voit se construire le lien entre une grand-mère et sa petite-fille, on lit les carnets émouvants de cette mamie qui regarde grandir Sophie et a pris soin d'enlever les passages les plus durs de sa vie, pour ne garder que le meilleur. 


Quelques phrases çà et là : 

"Quand elle me racontait les élèves à qui elle continuait à donner des leçons, les cours qu'elle suivait à l'université du troisième âge, les coussins qu'elle brodait, les aquarelles qu'elle peignait, les livres qu'elle dévorait, j'avais le sentiment qu'il s'agissait seulement pour elle du reste de sa vie. L'essentiel demeurait toujours ce qui m'arrivait à moi. Rien ne comptait en regard de ce que j'étais en train de construire."

"Dans un de ses grands cahiers, elle avait écrit Il y aura une dernière fois et nous ne le saurons pas."

"La douleur n'est pas moins forte aujourd'hui, ni le manque, simplement ils se sont faits à moi, ou je me suis faite à eux. Mon deuil, celui-là, est ainsi. Ce n'est pas oublier, ni passer à autre chose,c'est continuer, c'est avancer, elle à mes côtés."

Un beau livre qui invite à ne jamais oublier de savourer tous les instants de bonheur de la vie. Je crois que c'est essentiel en ces temps troublés. 

vendredi 13 novembre 2015

L'Écologie en bas de chez moi de Iegor Gran

J'aime beaucoup Iegor Gran dont je vous ai déjà présenté le dernier roman La Revanche de Kevin ICI


L'éditeur en parle : 

"Il semble qu'aujourd'hui le développement durable soit la seule idéologie qu'il nous reste. De facture relativement récente, on la retrouve cependant partout, tout le temps. Elle accommode l'école, bien sûr, mais aussi le travail, le supermarché, la politique... Le Pape même s'y est mis. Sujet incontournable, consensuel ou presque...
Iégor Gran a voulu comprendre. Était-il le seul à sentir le grotesque des discours moralisateurs, l'insupportable opportunisme marchand des uns et des autres, le culte du déchet, et cette curieuse manière d'idolâtrer la science – quand elle prédit l'avenir – tout en la rejetant quand elle est moteur de progrès ?... Comment font les Français, ce peuple frondeur (au moins en paroles, sinon dans les actes), pour accepter ce culte du geste symbolique, cette immodération vers le bien pratiquée à dose homéopathique et imposée à tout le monde ?
Le plus terrible dans ce déferlement de bonne conscience, c'est que l'on nous invite à ne plus penser. À mettre un sérieux bémol à la culture et à la civilisation au nom d'un danger imminent.
Et comme le développement durable est une idéologie transversale, il permet d'aborder les sujets aussi variés (et passionnés) que les limites de la science, l'opportunisme politique, l'économie de marché, les rapports Nord-Sud, l'avenir de la civilisation, le rapport aux croyances, le rôle de la culture, etc. Iégor Gran ne s'en est évidemment pas privé, concevant son livre comme un arbre de Noël : sur le tronc central de la discussion de fond, il a accroché des notes de bas de page où il explore certains abysses de la bêtise humaine tout en faisant avancer le récit. Car il s'agit d'un récit tout autant qu'un essai, d'une autofiction tout autant qu'un roman."

Les éditions P.O.L. proposent de feuilleter le livre ICI : CLIC


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Comme tout le monde aujourd'hui, je suis sensible à l'écologie, au développement durable, à la survie de notre belle planète. J'avais envie de retrouver l'ironie souvent grinçante de l'auteur sur ce sujet. 


Mon avis après lecture : 

Je m'attendais à une mise en perspective de nos petits travers d'écologistes de salon. J'avoue avoir été un peu déçue. J'ai été déçue de ressentir un certain scepticisme en particulier sur le réchauffement climatique, même s'il est amusant de lire les craintes de refroidissement de la Terre (voire de la glaciation) qui prévalaient dans les années 70. 
J'avoue avoir été également agacée par la quantité de notes de bas de page, parfois supérieure au texte lui-même ; d'ailleurs l'auteur l'a senti et a fini par en parler avec humour (pour noter... en bas de page... qu'il était capable de rédiger un chapitre sans note de bas de page !). 
J'ai toutefois été intéressée par les informations sur le GIEC, instance dont la mission n'est que de compiler des articles scientifiques (sans aucune recherche conduite). J'ai aussi aimé le parallèle entre autofiction littéraire et recyclage... 


Quelques phrases : 

"Quand on ne sait pas ce que l'on va manger dans un mois, la planète, on s'en tape comme de l'an quarante, et l'on a raison."

"[...] l'écrivain d'autofiction est un écrivain responsable. Il ne perd pas de temps à se documenter : il a tout sur place, au fond du nombril et dans son cul, il n'a qu'à se baisser pour cueillir l'inspiration. Il est autosuffisant, comme ceux qui se lavent à l'eau de pluie et font du compost pour faire pousser leurs radis, leurs courgettes."

"J'aime les livres. Quand on pense à tous ces arbres que l'on a réduits en chair à pâté ! Et l'encre, dérivée du pétrole, que les imprimeurs déversent par tonnes dans des écrits comme celui-ci. Et la colle de la reliure ! [...] 
La culture du livre, à commencer par sa fabrication, le savoir-faire des relieurs, des imprimeurs, pour ne prendre que prendre que cette culture-là, est plus précieuse que l'ours polaire, priez pour lui."

Une lecture qui m'a déçue, vraisemblablement parce qu'elle a trop mis en doute ma conscience écolo pourtant sans doute nettement insuffisante... Héhé avouons-le : c'est dérangeant de voir ses convictions mises en doute. Mais je persiste : notre planète mérite d'être sauvée de la folie humaine. À chacun de faire sa part, à sa mesure, pour que nos petits-enfants puissent profiter de notre belle Terre.

NB Ce livre existe en poche. Pour ma part, je l'ai emprunté à la médiathèque. 

samedi 7 novembre 2015

Et je danse aussi d'Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

Voici un livre dont j'avais lu d'excellentes critiques un peu partout, ce qui a motivé mon désir de le lire. 


L'éditeur en parle : 

Il y a des livres qui font se sentir bien, que l’on fait circuler de main en main, et qui vous habitent encore longtemps après les avoir refermés.

Et je danse, aussi en fait partie. Roman à deux voix, qui pique la curiosité, le récit par petites touches, rapproche par la magie des mots deux êtres qui ne se sont jamais rencontrés.

Lui a 60 ans, dégarni, ours solitaire. Elle en a 34, et se décrit comme « grande, brune et grosse ». Il est riche et célèbre. Elle est simple et bourrée de complexes. Mais elle écrit si bien… Aussi bien, voire mieux que lui ?

Tout au bout du fil qui les relie soudain, entre badinerie et aveux désarmants, des cicatrices communes émergent peu à peu et le charme opère. Et si cette fièvre d’échanges n’avait rien d’un hasard ? À chacun de le découvrir, au fil des pages de ce roman subtil et frais, qui replace la littérature au centre même de sa raison d’être : tisser un lien entre les cœurs qui battent.

Vous pouvez lire un extrait ICI

À savoir
Et je danse, aussi est le fruit d’une collaboration initiée dans la plus pure tradition des joutes littéraires. Jean-Claude Mourlevat a écrit un premier e-mail à anne-Laure Bondoux, qui s’est piquée au jeu… Ils n’ont ensuite cessé de se surprendre l’un l’autre. Le résultat : une première incursion en littérature générale éclatante du bonheur d’écrire. Un délicieux cocktail de joie de vivre et de légèreté.


Les auteurs
ANNE-LAURE BONDOUX embrasse en 2000 une carrière d’écrivain après avoir été actrice de théâtre, parolière puis journaliste. Elle a publié dix romans pour la jeunesse, et son travail a été récompensé par de nombreux prix, en France et à l’étranger.

Auteur pour la jeunesse depuis plus de quinze ans, JEAN-CLAUDE MOURLEVAT a publié une trentaine de romans et reçu de nombreux prix, tels le prix des sorcières ou le prix des incorruptibles, qu’il a obtenus plusieurs fois. Il est traduit dans une vingtaine de pays


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Ce sont évidemment toutes les excellentes critiques qui figurent sur le livre et sur les blogs des copiNETtes ! Un livre annoncé comme faisant du bien, vous pensez que j'ai eu envie de le lire ! 


Mon avis après lecture : 

Alors, c'est effectivement un livre dont le thème est très original, ce qui fait du bien. L'écriture est elle aussi originale puisque c'est un roman épistolaire mais vivons avec notre temps : il s'agit d'un échange de courriels. C'est aussi un livre facile à lire même si, je l'avoue, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire dont j'ai trouvé la mise en place un peu lente. Ensuite, l'intrigue s'installe et se noue. L'ensemble est agréable. La fin est selon moi plus douce-amère qu'incurablement optimiste...
Voilà. Pas d'enthousiasme délirant. Mais c'est une lecture sympathique et c'est déjà pas mal ! 


Quelques phrases en passant : 

"Tu es la dernière personne que j'imagine clouée au lit ou dans un fauteuil. Tu dois crever d'ennui et fulminer d'impatience, non ? À ce propos, sais-tu, cher professeur de gymnastique, qu'il existe des objets rectangulaires composés d'une couverture cartonnée avec, à l'intérieur des pages couvertes de petits caractères noirs ? Ça s'appelle des livres. Et je te jure que ça fait rudement bien passer le temps. Pardon, je te charrie, mais ça m'étonnera toujours autant : comment fais-je pour être l'ami d'un type dont la dernière lecture est sans doute le code de la route ?" 

"[...] depuis toujours, j'ai réussi à jouer à l'alchimiste, à tirer de mon malheur la substance de mon écriture, à transmuter mes souffrances pour en faire des objets littéraires et à les apaiser ainsi."

"[...] connaissez-vous la définition d'un ami ? C'est quelqu'un que vous pouvez appeler à 3 heures du matin pour lui dire : je crois que j'ai fait une très grosse bêtise, peux-tu venir avec une bâche et une pelle ? Et il vient."

"[...] les hommes manquent terriblement quand on n'arrive pas à ouvrir son bocal de cornichons, ou pire, son pot de belle gelée de coings."

Bref, un roman épistolaire original qui se laisse lire ! Il existe désormais en poche et doit aussi se trouver dans votre médiathèque. 

mardi 8 septembre 2015

Grandir de Sophie Fontanel

J'ai lu ce livre, déjà ancien (sorti en 2010, il existe en poche), en l'empruntant à la médiathèque. 


L'éditeur en parle : 

L'histoire de l'amour d'une jeune fille pour sa mère.

Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est dépendante d'elle. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours.
Chaque morceau de la vie d'une vieille dame vulnérable est raconté : un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. À la page qui suit, on voit sa fille : une cavale, une vie à gagner, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs. 
Avec des phrases très simples : « Elle a fait de mon enfance une vraie enfance, je peux bien lui rendre à présent », et qui vous serrent le coeur. Ou bien des dialogues : « Ouh là, ne prie pas pour moi, hein ? » J'ai demandé pourquoi. Elle a dit : « Ne va pas me faire repérer. »
Le miracle du livre : parce que sa mère est devenue son enfant, l'auteur grandit. Elle a eu cette grâce et elle pense : « D'ou me vient tout cet amour ? »

Un extrait est offert en ligne ICI


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

Il est bien évident que je suis sensible au sujet du vieillissement de nos parents, moi qui avance en âge. Arrive une période où l'on devient les parents de nos parents et c'est... bizarre. À l'époque de la sortie de ce livre, qui est un roman, les échos ont été très positifs, si je me souviens bien et j'avais envie de le lire. 


Mon avis après lecture : 

Une situation terriblement banale, mais un récit tout en délicatesse. Une lecture qui bouleverse et fait réfléchir les enfants que nous sommes tous face à nos parents qui avancent en âge... Certes, la maman évoquée par Sophie Fontanel a perdu la mémoire et oublie pas mal de choses. Mais c'est surtout une très vieille dame qui a besoin de sa fille pour tout. Et le roman évoque l'histoire d'amour qui les unit. 


Quelques phrases : 

"Maintenant qu'elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l'improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m'applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle. Chaque biscuit salé, un mets à tester. La manière dont une fleur s'ouvre : du jamais vu. La manière dont le soleil lui lèche les pieds : un miracle."

"Un bref instant, diversion, on parle de sa mémoire. « Ah, celle-là... je la perds », elle prévient. Je propose qu'on considère son cerveau, non pas comme un écrin qui se vide, mais au contraire, comme un endroit riche et relié aux événements de son parcours, sensations, agréments, dossiers classés, amours,  déceptions passées, faits marquants, surprises, aventures, mésaventures, exultations, récit. Je fais valoir que cette luxuriance en elle, eh bien c'est ça qui fait qu'elle ne se souvient pas. Parce qu'une chatte n'y retrouverait pas ses chatons, devant tant d'éléments."

"[...] je tombe malade. 
Il faut que je guérisse. Et vite. Car sinon, ne la sous-estimons pas, si elle devine que je prends sur moi, je ne me fais aucune illusion, elle rassemblera ses données et ses maigres pouvoirs, et sans l'ombre d'une hésitation, par amour, elle mourra à ma place". 


Une belle déclaration d'amour d'une fille à sa mère, une mère qui continue à aider sa fille à grandir... La vie... 

dimanche 30 août 2015

La Bibliothèque des coeurs cabossés de Katarine Bivald

Voici un livre présenté comme "votre lecture idéale pour les vacances" si l'on en croit le bandeau qui entoure l'exemplaire que j'ai acheté. Je suis en vacances donc... allons-y !


L'éditeur en parle en citant la quatrième de couverture : 

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l'Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine. 
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l'aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance. 
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

Vous pouvez feuilleter le livre ICI


Ce qui m'a donné envie de le lire : 

J'ai évidemment été attirée par le bandeau que j'évoquais plus haut. En outre, voici encore un livre qui parle de livres et de lecture... Que demander de plus ? 


Mon avis après lecture : 

La traductrice, Carine Bruy, a rendu le récit vivant et agréable, même si j'avoue avoir perçu quelques longueurs en milieu de roman. 
La lecture est agréable, la fin est plaisante, c'est une lecture de vacances parfaite !


Quelques phrases : 


"Elle avait remarqué dès ses années de lycée que peu de gens vous prêtent attention quand vous êtes caché derrière un ouvrage. [...] 
Les livres lui avaient servi de remparts, oui, mais pas seulement. Ils l'avaient protégée du monde extérieur en le réduisant à une espèce de toile de fond bine moins tangible que les aventures fictives dont elle se délectait."

"Passer son existence à lire n'était pas déplaisant, mais ces derniers temps, Sara avait commencé à se demander si c'était réellement... une vie. [...]
Si sa vie avait été un roman, elle n'aurait sans doute même pas été un personnage secondaire. Or elle se serait sans problème contentée d'un second rôle. Personnage principal, c'était probablement trop demander, mais quand même avoir une apparence et quelques traits de personnalité décrits à la hâte en deux ou trois lignes lorsqu'elle croisait la véritable héroïne. Pouvoir être une personne avec un nom et quelques répliques."

"Ne vivez jamais en suivant les règles d'imbéciles, car ils vous abaisseront à leur niveau, ils gagneront et tout ce que vous aurez récolté c'est une vie à mourir d'ennui."

Un bon moment, même si le livre ne me laissera pas de souvenir impérissable.