Héhé ça fait un sacré bout de temps que je n'ai pas mis à jour ce blog... Ce n'est pas faute de lectures (heureusement !) mais faute de temps ! Cela dit, les vacances arrivent, alors... je compte bien revenir vous présenter mes lectures ! À venir très vite, un roman sans prétention pour rappeler l'état de ce blog depuis de trop longs mois : Hors-Service de Solja Krapu !
samedi 6 juillet 2013
dimanche 21 avril 2013
Confessions d'un jeune romancier d'Umberto Eco
Voici un billet qui attend dans mes brouillons depuis des jours et des jours mais tête en l'air, je l'avais oublié ! Il est plus que temps que je me réveille ! Le jeune romancier qui se confesse n'est autre qu'Umberto Eco, l'auteur du Nom de la Rose et du Pendule de Foucault. Ce livre est traduit de l'anglais par François Rosso. J'avoue que cela m'a étonnée, je pensais qu'Eco écrivait en italien, bête que je suis.
L'éditeur en parle :
Comment un jeune écrivain doit-il s'y prendre pour s'atteler à son
premier roman ? Par quel chemin de ruse passer pour séduire son lecteur ?
Et quel tour de magie doit-il accomplir – s'il en a le talent – pour
persuader le monde que ses fictions sont des morceaux de réalité ?
Telles sont, parmi d'autres, les questions auxquelles Umberto Eco
(lui-même romancier octogénaire) tente de répondre ici en rassemblant
ses propres souvenirs et son expérience. Des confessions ? Des conseils
pratiques ? Une liste de choses à faire (et surtout à ne pas faire)
quand on débute. Ce livre est tout cela à la fois. Et, puisque l'homme
qui l'a écrit fut l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault, on peut lui faire confiance...
Umberto Eco est né à Alexandrie, dans le Piémont, en 1932. Professeur
de sémiotique et directeur de l'Ecole supérieure des études littéraires
à l'Université de Bologne, il est l'auteur chez Grasset de nombreux
essais et de romans légendaires.
Ce qui m'a donné envie de le lire :
J'aime beaucoup les livres qui évoquent l'écriture. J'aime beaucoup
Umberto Eco. Je ne pouvais donc pas rater ce livre !
Mon avis après lecture :
Évidemment, j'ai vraiment apprécié ce livre. J'ai aussi adoré l'humour d'Eco, plein d'auto-dérision lorsqu'il explique dès les premières lignes que le jeune romancier n'est autre que lui-même puisqu'il n'a écrit "que" six romans, dont le premier, le célébrissime Le Nom de la Rose est sorti seulement en 1980.
J'ai été passionnée par ce livre qui fera le bonheur des lecteurs avertis, ceux qui ont aimé l'Apostille au Nom de la Rose ou Lector in fabula. En effet, il ne s'agit pas d'un roman et les Confessions de ce jeune romancier fourmillent de sujets de réflexion sur la littérature (et aussi sur le web !).
Bonheur de phrases :
"[...] un roman n'est pas qu'un phénomène linguistique. En poésie, les mots sont difficiles à traduire parce que ce qui compte est leur son, ainsi que la volontaire multiplicité de leurs sens, si bien que c'est le choix des mots qui détermine le contenu. Dans le récit, nous sommes dans la situation contraire, c'est l'univers que l'auteur a construit, ce sont les événements qui s'y produisent qui dictent le rythme, le style et même le choix des mots."
"Je reconnais qu'en employant cette technique du double codage, l'auteur établit une sorte de complicité silencieuse avec le lecteur cultivé, et que celui qui ne l'est pas, faute de capter une allusion culturelle, peut avoir le sentiment que quelque chose lui échappe. Mais je ne crois pas que la littérature ait pour seul objectif de divertir et de consoler. Elle vise aussi à inciter et inspirer à lire le même texte deux fois, et parfois plusieurs fois, car le lecteur voudra mieux le comprendre."
"La seule chose dont je suis sûr est que des gens sont émus de découvrir qu'Anna Karénine s'est suicidée, mais qu'ils sont peu (s'il en existe), à se sentir ébranlés ou chagrinés en apprenant qu'un angle droit a quatre-vingt-dix degrés." (s'il y a des chagrinés par cette nouvelle, qu'ils se dénoncent !)
"Toute affirmation concernant les vérités encyclopédiques peut, et souvent doit, être mise à l'épreuve de la légitimité empirique externe ([...]) ; alors que les affirmations sur le suicide d'Anna ne relèvent que de la légitimité textuelle interne (au sens où l'on n'a pas besoin de s'abstraire du texte pour les prouver). Sur la base de cette légitimité intérieure, nous prendrons pour un fou, ou au moins une personne mal informée, celui qui nous soutiendrait qu'Anna Karénine a épousé Pierre Bezukhov [...]."
"La forte identité des personnages de fiction est une question importante. Dans son livre, Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, Philippe Doumenc nous raconte l'histoire d'une enquête de police qui finit par prouver que madame Bovary ne s'est pas empoisonnée mais a été assassinée. Or, si son roman acquiert une certaine saveur, c'est seulement parce que les lecteurs tiennent pour acquis que "dans la réalité", Emma Bovary s'est bel et bien empoisonnée.[...] pour apprécier le roman de Doumenc, le lecteur doit savoir que chez Flaubert, Madame Bovary s'est suicidée. Sinon, pourquoi écrire -- ou lire -- une telle contre-histoire ?"
Passionnant, non ? Il va falloir que j'en parle à certains lycéens de première L de ma connaissance... ;-)
Et au fait, y a-t-il parmi vous un bouleversé de l'angle droit à quatre-vingt-dix degrés ?
Et au fait, y a-t-il parmi vous un bouleversé de l'angle droit à quatre-vingt-dix degrés ?
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dimanche 31 mars 2013
Mémoire pour un avocat d'Octave Mirbeau
Voici un petit livre rapidement lu pour le challenge de Stephie (CLIC) ! Le titre est celui de la première nouvelle, mais en réalité, l'opuscule en compte quatre.
L'éditeur en parle en citant la quatrième de couverture :
Une belle villa au bord de la mer… les retrouvailles
entre Clotilde et son amant promettent d’être délicieuses ! Pourtant, au
fil des jours, la jeune femme se révèle de moins en moins tendre avec
son compagnon.
Les héroïnes de ce recueil sont à son image. Jeanne
est une jolie blonde qui, ses noces à peine terminées, se renferme
mystérieusement en elle-même, au grand dam de son époux.
Quant à Laure, elle sombre doucement dans la folie,
s’obstinant, malgré les mises en garde bienveillantes de son conjoint, à
vouloir traverser un pont qui n’existe pas !
Chez Mirbeau, la vie de couple ressemble à une
mécanique bien réglée qui soudain se grippe et révèle la fragilité d’un
bonheur construit par deux êtres que tout sépare…
Les quatre nouvelles de ce volume (« Mémoire pour un
avocat », « Clotilde et moi », « Le Pont » et « Veuve ») invitent à
redécouvrir l’œuvre d’un écrivain souvent méconnu et pourtant salué par
les plus grands, de Tolstoï à Apollinaire, en passant par Zola.
Ce qui m'a donné envie de le lire :
Je vais être franche : le temps m'a manqué pour réfléchir à une lecture classique pour le challenge "Un classique par mois" de Stephie. Mais il se trouve que j'ai reçu au lycée un exemplaire de ce livre, dans une toute nouvelle collection au titre évocateur : Étonnantiss!mes, collection dédiée à la lecture cursive, c'est-à-dire à la lecture personnelle, des lycéens. J'avoue de plus que Mirbeau n'est pas un auteur que j'aie beaucoup fréquenté (et c'est un euphémisme), c'était donc l'occasion de combler cette lacune !
Mon avis après lecture :
Les femmes présentées dans ce recueil sont bien loin d'être à leur avantage ! Misogynie ? A priori de l'époque ? En tout cas, j'ai trouvé ces nouvelles terribles ! Quelle ironie grinçante ! On referme le livre et on se dit que les hommes sont décidément bien à plaindre : entre Jeanne qui devient une véritable mégère dont la volonté d'économiser tourne à l'avarice sordide, Clotilde qui voyage léger avec trente-trois malles et passe plus de temps à tout installer qu'à vivre un heureux moment, Laure qui, lors de la nuit de noces, en pleine "action" se rappelle qu'elle a oublié sa prière et repousse son mari pour la faire avant de lui dire "Vous pouvez continuer, maintenant..." et enfin Lucienne qui oublie bien vite son mari en se jetant dans les bras de son meilleur ami... je me demande ce qu'a vécu ce pauvre Octave Mirbeau pour avoir envie de montrer une telle image de la femme !
Bonheur des phrases :
"Ce que je reproche à ma femme, c'est de comprendre la vie d'une autre façon que moi, d'aimer ce que je n'aime pas, de ne pas aimer ce que j'aime ; au pont que notre union, loin d'être un resserrement de sensations pareilles et de communes aspirations, ne fut qu'une cause de luttes perpétuelles. Je dis "luttes", et j'ai tort. [...] Pour lutter, il faut être deux, au moins. Et nous n'étions qu'un seul, car j'abdiquai, tout de suite, entre les mains de ma femme, ma part de légitime et nécessaire autorité.Ce fut une faiblesse, je le sais. Mais que voulez-vous ? J'aimais ma femme [...]." (« Mémoire pour un avocat »)
"Ô poésie des voyages adultères !... Est-ce que M. Paul Bourget [auteur dans les œuvres duquel il est souvent question d'adultère] se serait moqué de nous ?... Ce serait une pensée horrible !... Et quelle chute dans l'idéal !..." (« Clotilde et moi »)
"Ma destinée a vraiment d'incroyables malchances, d'innombrables et illogiques malchances. J'ai le sentiment que je suis l'être le plus accommodant du monde, à qui sont inconnues les bouderies, les taquineries, les mauvaises humeurs. Je n'ai de volonté, d'énergie, que pour plaire à ce qui m'entoure. Si déraisonnables soient-ils, je me plie à tous les caprices." (« Le Pont »)
Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur et son ironie...même si je pense que ses préoccupations et centres d'intérêt ont quelque peu vieilli ! Ce livre arrive juste pour constituer ma troisième participation au challenge de Stephie : allez voir ICI la page consacré aux lectures classiques de tous !
Bonheur des phrases :
"Ce que je reproche à ma femme, c'est de comprendre la vie d'une autre façon que moi, d'aimer ce que je n'aime pas, de ne pas aimer ce que j'aime ; au pont que notre union, loin d'être un resserrement de sensations pareilles et de communes aspirations, ne fut qu'une cause de luttes perpétuelles. Je dis "luttes", et j'ai tort. [...] Pour lutter, il faut être deux, au moins. Et nous n'étions qu'un seul, car j'abdiquai, tout de suite, entre les mains de ma femme, ma part de légitime et nécessaire autorité.Ce fut une faiblesse, je le sais. Mais que voulez-vous ? J'aimais ma femme [...]." (« Mémoire pour un avocat »)
"Ô poésie des voyages adultères !... Est-ce que M. Paul Bourget [auteur dans les œuvres duquel il est souvent question d'adultère] se serait moqué de nous ?... Ce serait une pensée horrible !... Et quelle chute dans l'idéal !..." (« Clotilde et moi »)
"Ma destinée a vraiment d'incroyables malchances, d'innombrables et illogiques malchances. J'ai le sentiment que je suis l'être le plus accommodant du monde, à qui sont inconnues les bouderies, les taquineries, les mauvaises humeurs. Je n'ai de volonté, d'énergie, que pour plaire à ce qui m'entoure. Si déraisonnables soient-ils, je me plie à tous les caprices." (« Le Pont »)
Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur et son ironie...même si je pense que ses préoccupations et centres d'intérêt ont quelque peu vieilli ! Ce livre arrive juste pour constituer ma troisième participation au challenge de Stephie : allez voir ICI la page consacré aux lectures classiques de tous !
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mercredi 27 mars 2013
L'Atelier des miracles de Valérie Tong Cuong
Voici un livre que j'ai acheté avant d'avoir lu les multiples critiques journalistiques qui en parlent comme d'un livre "qui fait du bien" porteur d'un message d'espoir.
L'éditeur en parle avec la quatrième de couverture qu'il développe un peu :
Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est
au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant
valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge.
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.
L'auteur : Valérie Tong Cuong a travaillé huit ans dans la communication
avant de se consacrer à l’écriture et à la musique. Elle a publié sept
romans et de nombreuses nouvelles. Elle écrit également pour le cinéma
et la télévision.
Ce qui m'a donné envie de lire ce livre :
C'est d'abord le bandeau horloger... et la citation de la
quatrième de couverture : "C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il
souri. Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine :
c'est un peu notre spécialité, non ?" qui m'ont séduite. Puis la quatrième de couverture : le début avec la professeur d'histoire-géo au bout du rouleau... (comment va-t-elle s'en sortir ?) et l'évocation de Jean, le faiseur de miracles, ont piqué ma curiosité.
Mon avis après lecture :
Mi-figue, mi-raisin. J'ai beaucoup aimé le début, la mise en place des personnages, même si j'avoue être un peu lassée des romans polyphoniques où les protagonistes prennent tour à tour la parole (c'est une mode, ma parole, tout le monde s'y met !). J'ai apprécié l'humanité des rencontres mais je suis restée sur ma faim. Peut-être mon côté midinette espérait-il une fin nettement plus optimiste.
Bonheur de phrases :
"Je n'ai pas fait non plus d'études supérieures, j'ai quitté l'école le jour pétant de mes seize ans, mais ça ne m'a pas empêché de lire les journaux, de bouffer des bouquins et d'écouter la radio à chaque fois que j'ai pu : il y a longtemps que je l'ai compris, l'ignorance est plus dangereuse qu'une grenade dégoupillée." (Monsieur Mike)
"Ce soir-là, j'ai enfin mis un mot sur ce boulet de plomb qui m’empêchait d'avancer encore et encore, ma culpabilité, coupable j'avais été autrefois de n'avoir pas su éviter le drame, coupable j'étais maintenant de mentir par omission, Millie ou Zelda quelle importance, j'étais condamnée à porter ma faute."
"Feindre l'amnésie, essayer d'y croire, me convaincre d'un futur en essayant d'être une autre était l'unique possibilité de vivre." (Millie)
"Nous faisons tous les mêmes erreurs. Fuir nos fantômes au lieu d'essayer de vivre avec."
Une lecture sympathique qui donne envie de croire en l'être humain mais... raisonnablement !
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Tong Cuong Valérie
jeudi 28 février 2013
La Vie et l'Oeuvre de Philippe-Ignace Semmelweis de Louis-Ferdinand Céline
Je continue le challenge littéraire de Stephie Un Classique par mois... Rappelez-vous de Zola en janvier (clic). Vous pouvez aussi aller voir le blog de Stephie (CLIC) et la page du Challenge ICI. Mais ce mois-ci, j'ai choisi une œuvre particulière : la thèse de doctorat en médecine de Louis Destouches, plus connu sous le nom de Louis-Ferdinand Céline. Cette thèse, soutenue en 1924, s'intitule La Vie et L'Oeuvre de Philippe-Ignace Semmelweis. Elle a été éditée en 1936 pour le grand public sous le titre Semmelweis (et est actuellement disponible dans la collection L'Imaginaire chez Gallimard).
L'éditeur en parle (en en citant un extrait, qui figure en quatrième de couverture) :
"«Et c'est vers la fin de ces deux années passées dans la chirurgie qu'il
écrivit, avec cette pointe de hargne par laquelle se caractérise déjà
sa plume impatiente : "Tout ce qui se fait ici me paraît bien inutile,
les décès se succèdent avec simplicité. On continue à opérer, cependant,
sans chercher à savoir vraiment pourquoi tel malade succombe plutôt
qu'un autre dans des cas identiques."
Et parcourant ces lignes on peut dire que c'est fait !
Que
son panthéisme est enterré. Qu'il entre en révolte, qu'il est sur le
chemin de la lumière ! Rien désormais ne l'arrêtera plus. Il ne sait pas
encore par quel côté il va entreprendre une réforme grandiose de cette
chirurgie maudite, mais il est l'homme de cette mission, il le sent, et
le plus fort est qu'un peu plus, c'était vrai. Après un brillant
concours, il est nommé maître en chirurgie le 26 novembre 1846.»
Louis-Ferdinand Céline."
Ce qui m'a donné envie de lire ce livre :
Tout. Le côté médical, et "la médecine, cette merde" comme disait Céline dans Mort à crédit, mon passé personnel et professionnel mais aussi le personnage de Semmelweis, à l'heure des infections nosocomiales et d'une médecine qui n'est pas au mieux de sa forme...
Si vous ne connaissez pas l'histoire de Semmelweis, sachez qu'elle est poignante : en effet, Semmelweis est ce farfelu qui, pour diminuer la mortalité effrayante liée à la fièvre puerpérale, a entrepris de convaincre les obstétriciens de se laver les mains avant d'examiner les femmes enceintes ou les jeunes accouchées (quelle idée je vous assure ! Ces messieurs passaient allègrement de la dissection de cadavres au toucher vaginal sans gant et sans nettoyage ! Semmelweis a même évoqué la simple désodorisation des mains pour ne pas choquer !)... Non seulement il n'a pas été suivi (alors que par une méthode expérimentale tout à fait adaptée, il avait prouvé l'efficacité de sa technique), mais il n'a même pas été entendu, il a plutôt été ridiculisé et conspué par ses pairs... Il est mort fou, il faut dire qu'il y a de quoi. Il n'est pas facile d'avoir raison avant tout le monde.
Mon avis après lecture :
Quelle curieuse thèse ! Ce n'est pas la première que je lis (hahaha), même si mes lectures sont plutôt des thèses de la fin des années 1980. Il faut dire qu' à l'époque de Céline, les médecins avaient fait leurs humanités, avant de pouvoir faire la preuve de la leur... L'outil de sélection n'était pas les mathématiques à toute force, mais plutôt la rhétorique...
La thèse de Louis Destouches est incroyablement littéraire, elle narre une histoire, dans laquelle on retrouve à la fois une épopée médicale non dénuée de lyrisme, et une fatalité tragique inouïe. On trouve aussi l'écriture en devenir de Céline indigné de ce que l'on fait subir à ce malheureux confrère du XIXe siècle.
La thèse de Louis Destouches est incroyablement littéraire, elle narre une histoire, dans laquelle on retrouve à la fois une épopée médicale non dénuée de lyrisme, et une fatalité tragique inouïe. On trouve aussi l'écriture en devenir de Céline indigné de ce que l'on fait subir à ce malheureux confrère du XIXe siècle.
J'ai aussi lu avec intérêt les dédicaces qui ouvrent chaque thèse (pour résumer : à mes parents qui m'ont tout donné, à mes maîtres qui m'ont tout appris) et qui sont ici limitées aux membres du jury.
Bonheur de phrases :
Dans la préface de Louis Destouches à sa thèse : "L'heure trop triste vient toujours où le Bonheur, cette confiance absurde et superbe dans la vie, fait place à la Vérité dans le cœur humain."
Dans la thèse :
"Dans l'Histoire des temps, la vie n'est qu'une ivresse, la Vérité, c'est la Mort."
"Les grandes œuvres sont celles qui réveillent notre génie, les grands hommes sont ceux qui lui donnent une forme".
C'est donc un classique un peu particulier pour le challenge de ce mois-ci ! Mais cela faisait longtemps qu'il attendait dans ma bibliothèque et c'était une belle occasion !
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dimanche 24 février 2013
Salut Marie d'Antoine Sénanque
J'avais beaucoup entendu parler de ce livre, qui a reçu le prix du Roman Version Femina 2012 en partenariat avec la FNAC (OK ce n'est pas le prix Femina, c'est un prix de lecteurs et surtout de lectrices). Il faut dire aussi que j'ai déjà lu plusieurs livres d'Antoine Sénanque : La grande garde, Blouse, bref des livres qui, pour des raisons que certains connaissent, me rappellent ma jeunesse hospitalière... (haha : pas de projections si le café est sur la table, mais pardon je m'égare...).
L'éditeur en parle (peu !) :
"La Vierge m'est apparue le 1er avril
2008. La date était mail choisie. Je sais qu'humour et spiritualité ne
sont pas toujours antagonistes, mais sincèrement, j'aurais préféré le 31
mars."
Quand la Vierge Marie apparaît à Pierre Mourange, vétérinaire incroyant et morose, elle croit sans doute lui faire plaisir.
Elle aurait dû lui demander son avis.
Cocktail d'humour et d'insolence pour une subtile comédie d'Antoine Sénanque.
Elle aurait dû lui demander son avis.
Cocktail d'humour et d'insolence pour une subtile comédie d'Antoine Sénanque.
Ce qui m'a donné envie de le lire :
Ce sont des billets positifs sur des blogs qui m'ont intriguée. En outre, comme je vous l'ai dit, mes lectures précédentes d'Antoine Sénanque m'avaient beaucoup plu. Il n'en fallait pas davantage pour me donner envie de lire ce roman au sujet vraiment original.
Mon avis après lecture :
Eh bien c'est une lecture agréable mais j'avoue que j'ai préféré les deux autres romans de cet auteur que j'ai lus. Je n'ai pas vraiment compris la réaction de Pierre qui m'a un peu gênée, je l'avoue. Mais les réactions pleines d'humanité des personnages, en particulier à la fin du livre, m'ont permis finalement d'apprécier cette lecture. Et puis j'ai aimé pas mal de phrases...
Bonheur de phrases :
"Je suis prudent avec l'intime. Je n'écris pas avec. Les mots tachent ce qu'ils disent."
"On ne dit jamais que l'on est dans la faiblesse de l'âge, l'expression n'a pas été retenue, ce qui montre que notre langage n'est pas équitable. La langue devrait servir des idées à charge et à décharge sans orienter le jugement. Félix m'a éclairé sur ce point quand j'ai voulu lui expliquer cette manipulation de la réalité par le verbe.
-- Je ne comprends pas un traître mot de ce que tu dis.
Il avait saisi l'essentiel. Le traître mot."
"Elle me parle souvent des petites cordes qui nous attachent les uns aux autres et nous ligotent subtilement. Pour elle, ce sont des enchanteurs qui les tissent."
Un moment de lecture agréable. Si j'ai le temps, je vous parlerai un jour d'un autre livre de cet auteur : Blouse !
Ce sont des billets positifs sur des blogs qui m'ont intriguée. En outre, comme je vous l'ai dit, mes lectures précédentes d'Antoine Sénanque m'avaient beaucoup plu. Il n'en fallait pas davantage pour me donner envie de lire ce roman au sujet vraiment original.
Mon avis après lecture :
Eh bien c'est une lecture agréable mais j'avoue que j'ai préféré les deux autres romans de cet auteur que j'ai lus. Je n'ai pas vraiment compris la réaction de Pierre qui m'a un peu gênée, je l'avoue. Mais les réactions pleines d'humanité des personnages, en particulier à la fin du livre, m'ont permis finalement d'apprécier cette lecture. Et puis j'ai aimé pas mal de phrases...
Bonheur de phrases :
"Je suis prudent avec l'intime. Je n'écris pas avec. Les mots tachent ce qu'ils disent."
"On ne dit jamais que l'on est dans la faiblesse de l'âge, l'expression n'a pas été retenue, ce qui montre que notre langage n'est pas équitable. La langue devrait servir des idées à charge et à décharge sans orienter le jugement. Félix m'a éclairé sur ce point quand j'ai voulu lui expliquer cette manipulation de la réalité par le verbe.
-- Je ne comprends pas un traître mot de ce que tu dis.
Il avait saisi l'essentiel. Le traître mot."
"Elle me parle souvent des petites cordes qui nous attachent les uns aux autres et nous ligotent subtilement. Pour elle, ce sont des enchanteurs qui les tissent."
Un moment de lecture agréable. Si j'ai le temps, je vous parlerai un jour d'un autre livre de cet auteur : Blouse !
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vendredi 1 février 2013
La dernière enquête du chevalier Dupin de Fabrice Bourland
Une petite lecture de polar en passant. Je vous ai déjà dit que les polars ne sont pas forcément mes lectures favorites, mais j'ai acheté ce livre au salon des auteurs dont je vous ai parlé sur mon autre blog ICI. Pourquoi donc me direz-vous ? Eh bien.. à cause, évidemment, du bandeau : toute la vérité sur la mort de Nerval ! Un polar qui parle de littérature, comment résister ?
L'éditeur en parle :
"Malgré les certitudes du préfet
de la police parisienne et des autorités, la fin tragique de Gérard de
Nerval laisse planer bien des doutes. Retrouvé pendu aux barreaux d'une
grille dans la sordide rue de la Vieille-Lanterne, le poète français
s'est-il suicidé dans un moment de folie ou a-t-il été assassiné ?
Sollicités par un proche de la victime, le chevalier Charles Auguste
Dupin et son ami américain enquêtent sur les circonstances de cette mort
suspecte. Une momie égyptienne, une secte d'illuminés du XVIIIe siècle,
un daguerréotype, un corbeau solitaire... Quelques indices suffiront à
l'esprit acéré du célèbre détective pour les conduire sur le chemin
d'une vérité étonnante, qui changera à tout jamais le cours de leur
existence. Entre jeu littéraire et jeu de l'esprit, Fabrice Bourland
fait revivre, en hommage à Edgar Allan Poe, la figure légendaire du
chevalier Dupin"
Ce qui m'a donné envie de le lire :
Je vous l'ai dit : la référence à la mort de Nerval et à son élucidation ! Fabrice Bourland faisait partie des auteurs invités au salon des auteurs où je me suis rendue, son roman était exposé, et voilà ! C'est tout simple !
Mon avis après lecture :
Hélas... L'ouverture sur le supposé avant-propos de l'éditeur mettant en doute l'auteur et attirant le lecteur vers le "mystérieux traducteur dont la signature, à la fin de l'ouvrage, sonne comme une plaisanterie" m'avait mis la puce à l'oreille...
Je n'aime pas les polars et ce n'est pas celui-ci qui va me réconcilier avec le genre, malgré son côté historico-littéraire... Le roman est écrit à la première personne, par monsieur Carter Randolph (personnage de Lovecraft), mais censément par Edgar Allan Poe. En effet, une note de bas de page précise les titres de "[s]es histoires -- au moins les trois premières--" : Double Assassinat dans la rue Morgue, Le Mystère de Marie Roget et La Lettre volée et le traducteur évoqué dans l'avant-propos et qui signe la dernière page est un certain "Charles Beau de l'Ers".
C'est sans doute pour aller vers l'extraordinaire des histoires de Poe que l'histoire sort du roman policier pour aller vers l'invraisemblable, qui ne m'a guère convaincue.
Bonheur de phrases :
Une citation d'abord : Bonheur de phrases :
"Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel)"
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, "Le Cygne"
Et ensuite, une pensée pour Zola (et La Curée...) : "jusqu'en 1855, date de notre affaire, Paris n'avait encore pratiquement pas changé.
Par malheur, à partir de la fin des années 1850, l'empereur Napoléon III conçut pour sa ville le pharaonique projet d'en faire la capitale du XIXe siècle, et ce faisant, les urbanistes du baron Haussmann s'en donnèrent à cœur joie. Des quartiers entiers furent démolis, des rues nouvelles percées, des immeubles bâtis -- tous sur le même modèle --, des promenades plantées, des rivières asséchées, d'autres inventées, des étangs artificiels creusés, tout cela pour faire place en maints endroits à la ville nouvelle que tu connais, mais qui, pour moi, évoque une ancienne maîtresse que l'on retrouve après une longue absence, la taille avachie et les traits déformés."
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