lundi 15 juillet 2013

La Vie commence à 20h10 de Thomas Raphaël

Voici un livre que j'ai lu très vite, un "page-turner" addictif, comme indiqué sur le vrai-faux bandeau de couverture, et vraiment plaisant. 

L'éditeur en parle : j'ai eu du mal à en trouver trace et c'est finalement sur le site Flammarion (premier éditeur en grand format du livre) que j'ai trouvé ceci :
"Sophie peine à terminer sa thèse à Bordeaux. Elle croise Joyce Verneuil, productrice de télévision, à qui elle fait lire son premier roman, refusé par plusieurs éditeurs. Joyce lui promet de recommander son manuscrit à un grand éditeur parisien, mais à la condition que Sophie la suive dans la capitale et travaille avec elle. Marc, son compagnon, et sa mère ne sont pas d'accord, mais sont-ils obligés de le savoir ?"

L'auteur en parle sur son blog ICI (clic) avec une vidéo très sympa.
Et il cite la quatrième de couverture : 
"Si, si, tout va bien, je vous assure.
Après, à trente ans, j’avoue, j’imaginais ma vie un peu différemment. J’aurais bien aimé avoir terminé ma thèse. Avoir un job, un salaire, tout ça. Et si un éditeur avait pu accepter le roman que j’ai écrit en secret…
Quand une productrice propose à Sophie tout à la fois (un job et la promesse que son roman sera publié), ça sort du cœur : oui ! Malheureusement pour elle, le job en question consiste à fabriquer un feuilleton télé. Un feuilleton télé ? Quelle horreur ! En même temps, une double vie, ça n’est pas si compliqué…"

Ce qui m'a donné envie de le lire :
Je pense que c'est un billet sur un blog qui m'a donné cette envie, mais je suis bien incapable de le retrouver, mille pardons... à moins que ce ne soit en voyant la couverture chez mon libraire... En tout cas, le pitch m'a séduite et c'est une bonne chose : j'ai passé un excellent moment de lecture !

Mon avis après lecture :
Je me suis laissé prendre et me suis identifiée à Sophie ! Ceux qui me connaissent savent que mon parcours est bien loin de n'être que littéraire. Mais je me suis reconnue dans ce portrait d'une littéraire pure et dure qui découvre La Vie La Vraie, avec toutes les nécessités d'audience et de lisibilité pour satisfaire un public très éloigné des thèses de lettres modernes... Il n'y a pas que le regard qu'on porte sur soi, il y a aussi le regard des autres et les clichés qui ont cours...
Les relations entre Sophie et Joyce m'ont rappelé Le Diable s'habille en Prada. Et les rêves d'édition de Sophie sont ceux de nombreux "écrivaillons" dans mon genre ou autre ! 
J'ai donc beaucoup aimé cette lecture, et j'attends impatiemment la sortie en poche (mon côté radin... désolée !) de la suite : Le Bonheur commence maintenant, tout un programme qui correspond parfaitement au mien ! 

Bonheur de phrases : et un éclairage sur les séries qui rendent "accros" !

"Moi aussi j'aime Woody Allen. Mais quand tu écris un soap, que tu t'adresses à tout le monde, tout doit être immédiat. Jamais de second degré. Attention, quand je dis platitude, je ne parle que des dialogues, pas des histoires. Le public vient pour des histoires fortes et des personnages vrais. Ne laisse jamais passer une réplique qu'une personne réelle ne dirait pas."

"Le vrai talent, c'est d'anticiper quelles histoires plairont au public."

"Quand on raconte une histoire, ça n'intéresse personne de savoir quel traumatisme a provoqué telle faille, tel besoin. Au fond de nous, on sait très bien que ça ne marche pas comme ça. Ce qui nous intéresse, c'est ce qu'on arrive à faire, à construire, à partir de nos failles et de nos besoins. Ce qui nous intéresse, c'est comment on gère qui on est. Comment on arrive à construire la meilleure vie possible à partir de ce qu'on a."

"Quand on sait vraiment ce qu'on veut, on finit toujours par l'obtenir."

Et si le plus difficile était de savoir ce qu'on veut ? Hihi moi je veux... lire la suite. Et plein d'autres choses ;-)
Et vous ? Si vous profitiez donc du soleil pour lire ce livre dans une chaise longue ? Je vous souhaite de passer un aussi agréable moment en compagnie de Sophie et de La Vie La Vraie.

EDIT : ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii c'est chez ma copiNETte Sarah du blog Mes petites récrés (clic) que j'ai lu (en janvier dernier !) un article sur ce livre ICI (clic) !

samedi 13 juillet 2013

Comme on respire de Jeanne Benameur

Comme on respire... Quel joli titre pour ce petit livre... 

L'éditeur en parle :
L’absurdité de la guerre condamne les enfants au silence.
Quand l’écriture et les livres peuvent sauver de biens des maux…
Un livre-manifeste sur le pouvoir des mots.
Ce texte de Jeanne Benameur a été spécialement écrit pour la quatrième édition d’Un Livre une Rose, organisée par les libraires à l’occasion de la Saint-Jordi en 2003.
Vous pouvez lire un extrait ICI (clic).

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
C'est un billet sur le blog de ma copiNETte Leiloona, Bric à Book (clic) qui m'a immédiatement séduite : si vous voulez le lire, il est ICI. J'ai lu ce billet et j'ai su qu'il fallait que je lise ce livre. Leil disait : "Si vous aimez écrire, si vous aimez lire, si vous aimez les belles choses, découvrez Comme on respire, ce texte poétique ne pourra que donner un souffle nouveau à votre vie." 
Je ne peux que confirmer avec bonheur. C'était exactement ce que j'avais besoin de lire en ce début d'été. 

Mon avis après lecture :
J'ai adoré ce livre. Je l'ai immédiatement lu. Et puis, je l'ai relu dans la foulée. Et relu encore. C'est le genre de livre qu'on a envie de savoir par cœur. Comme on respire : lire comme on respire, écrire comme on respire, la vie quoi !
J'avais déjà beaucoup aimé Présent ? de Jeanne Benameur (mais je ne vous l'ai pas encore présenté). C'est décidément un auteur que j'ai envie de mieux connaître et si Noukette (dont le blog est ICI), qui organise un challenge Jeanne Benameur ICI (clic), m'accepte, je m'inscrirais volontiers dans la catégorie "Profanes" (lecture d'un à trois livres), pour commencer !

Bonheur de phrases : le plus difficile est de choisir ! On voudrait recopier chaque mot...

"Ce qui ne peut pas s'accepter ne finit pas."

"Je suis sûre qu'avec des mots, on vit."

"Sortir du silence.
Vouloir les mots. Devenir humbles."

"Je ne suis rien. 
Rien d'autre qu'une femme qui arpente et tente l'incertain."

"Et si je sais que l'écriture n'accomplit rien, je m'y tiens. 
C'est ma colonne vertébrale.
Ma seule façon d'accepter de vivre."

"Quand il y a un mur de livres dans une pièce je me sens à l'abri. Plus sûre que derrière n'importe quelle porte blindée."

"Je me suis apprivoisée dans les livres."

"Je ne cesserai pas d'écrire, de lire. C'est ma façon d'aimer."

Une merveille, à lire, à relire, et à relire encore. Merci Leiloona de m'avoir offert la chance de cette découverte.

samedi 6 juillet 2013

Hors-Service de Solja Krapu

Voici un livre au sujet original mais dans lequel je me suis pas mal retrouvée... Il s'agit d'un roman traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss et publié avec l'aide du Swedish Arts Council, Stockholm. .

L'éditeur en parle en citant la quatrième de couverture :

Eva-Lena a une petite vie bien rodée, avec maison, enfants, mari et collège. Elle est parfaite, quoique un brin hystérique dès qu'on vient changer son planning. Un vendredi soir, elle enfourche son vélo pour aller faire des photocopies au collège. Ça l'avancera pour lundi ! Sauf qu’elle se retrouve enfermée dans le local de la photocopieuse. Pour tout le week-end ?

Par l’ingéniosité de son sujet, le ton tragi-comique, la richesse des personnages et leur psychologie décortiquée sans chichis, Hors-Service cible juste. Car enfin, qui oserait prétendre qu’il ne se sent — au grand jamais?! — ne serait-ce qu’un tout petit peu prisonnier de son quotidien??

Ce qui m'a donné envie de le lire :

Eh bien c'est une amie-collègue qui en a parlé sur l'un des nombreux sites professionnels que je fréquente ! Il faut dire que l'on retrouve dans ce roman de nombreuses références qui montrent que le quotidien d'un prof de suédois en Suède ressemble beaucoup au quotidien d'un prof de français en France... Alors évidemment, ma curiosité a été attisée...

Mon avis après lecture :

J'ai reconnu vraiment de nombreuses situations ! Mais je vous rassure, jamais je n'ai été enfermée dans un local de photocopieuse... Petite pointe de déception à la fin peut-être (je crois que j'attendais qu'elle aille plus loin) mais franchement, j'ai passé un moment agréable (et somme toute léger !). Parfait pour démarrer l'été en douceur, sans rupture trop brutale du boulot !

Bonheur de phrases : 

"D'abord, il me faut chaque année plus de temps pour me séprer de l'école. En fait, je suis devenue incapable de le faire. Ensuite, tous mes intérêts personnels sont reliés à ma profession. Ne serait-ce, par exemple, que de lire un bon livre. La plupart des gens considèrent cela comme un plaisir, et c'était également mon cas au départ, mais c'est de plus en plus devenu une question d'utilité : vais-je réellement passer du temps à lire ce livre-ci, alors qu'il est clair que je tirerais plus de la lecture de tel autre ? Il n'y pas seulement le fait que je doive être toujours au courant des dernières parutions pour la jeunesse : je considère aussi comme de mon devoir d'avoir lu au moins quelques titres écrits par le prix Nobel de l'année. De plus, je dois garder du temps pour ce dont il est question dans les pages culturelles. Et il va de soi que je lis la littérature anglophone en version originale."

"« Lire, c’est physique.»
Pour Aurora, tout était physique. Elle enchaîna :
« Réfléchis un peu : qui occupe la salle de la photocopieuse ? Tout le monde le sait, les profs de suédois. Vous êtes tout simplement maso. Vous agrafez, vous collez, vous bricolez, et le pire, c'est qu'aucun d'entre vous ne peut utiliser les polycopiés des autres. Chacun doit faire les siens.»"

"En fait, les élèves copiaient et recopiaient de bon cœur. Sans la moindre réflexion. Et quand un professeur conseillait aux élèves d'utiliser leurs propres mots, le travail se résumait à remplacer quelques mots par leurs synonymes. On pourrait trouver ça comique, si cela n'avait pas aussi un côté tragique. Sur internet, ils trouvaient facilement des exposés complets sur n'importe quel sujet imaginable, pas besoin d'être un génie de l'informatique pour les dénicher. Le plus souvent, les élèves ne se préoccupaient même pas de reformuler les textes, mais les imprimaient comme ils les trouvaient. Un élève qui en temps normal arrivait à peine à écrire une seule phrase sans fautes fournissait alors tout à coup un travail de niveau universitaire. Même les élèves qui ne trichaient pas vraiment se consacraient plus à la reproduction de documents qu'à la recherche au sens exact du terme.
Mais comme la "recherche" était dans le vent, un enseignant qui n'en faisait pas était considéré comme un mauvais enseignant."

"[...] je crois qu'il était grand temps qu'on me mette hors-service pendant un moment."

Je ferais volontiers de ce livre un livre voyageur... Alors si je vous connais déjà, ou si vous m'êtes chaleureusement recommandé(e) par une bloggueuse ou un(e) ami(e) et que vous avez envie de lire ce livre, adressez-moi un petit message, via le formulaire de contact en haut à droite !

Ça sent le renfermé par ici...

Héhé ça fait un sacré bout de temps que je n'ai pas mis à jour ce blog... Ce n'est pas faute de lectures (heureusement !) mais faute de temps ! Cela dit, les vacances arrivent, alors... je compte bien revenir vous présenter mes lectures ! À venir très vite, un roman sans prétention pour rappeler l'état de ce blog depuis de trop longs mois : Hors-Service de Solja Krapu !

dimanche 21 avril 2013

Confessions d'un jeune romancier d'Umberto Eco

Voici un billet qui attend dans mes brouillons depuis des jours et des jours mais tête en l'air, je l'avais oublié ! Il est plus que temps que je me réveille ! Le jeune romancier qui se confesse n'est autre qu'Umberto Eco, l'auteur du Nom de la Rose et du Pendule de Foucault. Ce livre est traduit de l'anglais par François Rosso. J'avoue que cela m'a étonnée, je pensais qu'Eco écrivait en italien, bête que je suis.

L'éditeur en parle : 
Comment un jeune écrivain doit-il s'y prendre pour s'atteler à son premier roman ? Par quel chemin de ruse passer pour séduire son lecteur ? Et quel tour de magie doit-il accomplir – s'il en a le talent – pour persuader le monde que ses fictions sont des morceaux de réalité ? Telles sont, parmi d'autres, les questions auxquelles Umberto Eco (lui-même romancier octogénaire) tente de répondre ici en rassemblant ses propres souvenirs et son expérience. Des confessions ? Des conseils pratiques ? Une liste de choses à faire (et surtout à ne pas faire) quand on débute. Ce livre est tout cela à la fois. Et, puisque l'homme qui l'a écrit fut l'auteur du Nom de la rose et du Pendule de Foucault, on peut lui faire confiance...

Umberto Eco est né à Alexandrie, dans le Piémont, en 1932. Professeur de sémiotique et directeur de l'Ecole supérieure des études littéraires à l'Université de Bologne, il est l'auteur chez Grasset de nombreux essais et de romans légendaires.

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
J'aime beaucoup les livres qui évoquent l'écriture. J'aime beaucoup Umberto Eco. Je ne pouvais donc pas rater ce livre !

Mon avis après lecture : 
Évidemment, j'ai vraiment apprécié ce livre. J'ai aussi adoré l'humour d'Eco, plein d'auto-dérision lorsqu'il explique dès les premières lignes que le jeune romancier n'est autre que lui-même puisqu'il n'a écrit "que" six romans, dont le premier, le célébrissime Le Nom de la Rose est sorti seulement en 1980.
J'ai été passionnée par ce livre qui fera le bonheur des lecteurs avertis, ceux qui ont aimé l'Apostille au Nom de la Rose ou Lector in fabula. En effet, il ne s'agit pas d'un roman et les Confessions de ce jeune romancier fourmillent de sujets de réflexion sur la littérature (et aussi sur le web !).

Bonheur de phrases : 
"[...] un roman n'est pas qu'un phénomène linguistique. En poésie, les mots sont difficiles à traduire parce que ce qui compte est leur son, ainsi que la volontaire multiplicité de leurs sens, si bien que c'est le choix des mots qui détermine le contenu. Dans le récit, nous sommes dans la situation contraire, c'est l'univers que l'auteur a construit, ce sont les événements qui s'y produisent qui dictent le rythme, le style et même le choix des mots."

"Je reconnais qu'en employant cette technique du double codage, l'auteur établit une sorte de complicité silencieuse avec le lecteur cultivé, et que celui qui ne l'est pas, faute de capter une allusion culturelle, peut avoir le sentiment que quelque chose lui échappe. Mais je ne crois pas que la littérature ait pour seul objectif de divertir et de consoler. Elle vise aussi à inciter et inspirer à lire le même texte deux fois, et parfois plusieurs fois, car le lecteur voudra mieux le comprendre."

"La seule chose dont je suis sûr est que des gens sont émus de découvrir qu'Anna Karénine s'est suicidée, mais qu'ils sont peu (s'il en existe), à se sentir ébranlés ou chagrinés en apprenant qu'un angle droit a quatre-vingt-dix degrés." (s'il y a des chagrinés par cette nouvelle, qu'ils se dénoncent !)

"Toute affirmation concernant les vérités encyclopédiques peut, et souvent doit, être mise à l'épreuve de la légitimité empirique externe ([...]) ; alors que les affirmations sur le suicide d'Anna ne relèvent que de la légitimité textuelle interne (au sens où l'on n'a pas besoin de s'abstraire du texte pour les prouver). Sur la base de cette légitimité intérieure, nous prendrons pour un fou, ou au moins une personne mal informée, celui qui nous soutiendrait qu'Anna Karénine a épousé Pierre Bezukhov [...]."

"La forte identité des personnages de fiction est une question importante. Dans son livre, Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, Philippe Doumenc nous raconte l'histoire d'une enquête de police qui finit par prouver que madame Bovary ne s'est pas empoisonnée mais a été assassinée. Or, si son roman acquiert une certaine saveur, c'est seulement parce que les lecteurs tiennent pour acquis que "dans la réalité", Emma Bovary s'est bel et bien empoisonnée.[...] pour apprécier le roman de Doumenc, le lecteur doit savoir que chez Flaubert, Madame Bovary s'est suicidée. Sinon, pourquoi écrire -- ou lire -- une telle contre-histoire ?"

Passionnant, non ? Il va falloir que j'en parle à certains lycéens de première L de ma connaissance... ;-)

Et au fait, y a-t-il parmi vous un bouleversé de l'angle droit à quatre-vingt-dix degrés ?

dimanche 31 mars 2013

Mémoire pour un avocat d'Octave Mirbeau

Voici un petit livre rapidement lu pour le challenge de Stephie (CLIC) ! Le titre est celui de la première nouvelle, mais en réalité, l'opuscule en compte quatre.

L'éditeur en parle en citant la quatrième de couverture : 
Une belle villa au bord de la mer… les retrouvailles entre Clotilde et son amant promettent d’être délicieuses ! Pourtant, au fil des jours, la jeune femme se révèle de moins en moins tendre avec son compagnon.
Les héroïnes de ce recueil sont à son image. Jeanne est une jolie blonde qui, ses noces à peine terminées, se renferme mystérieusement en elle-même, au grand dam de son époux.
Quant à Laure, elle sombre doucement dans la folie, s’obstinant, malgré les mises en garde bienveillantes de son conjoint, à vouloir traverser un pont qui n’existe pas !
Chez Mirbeau, la vie de couple ressemble à une mécanique bien réglée qui soudain se grippe et révèle la fragilité d’un bonheur construit par deux êtres que tout sépare…
Les quatre nouvelles de ce volume (« Mémoire pour un avocat », « Clotilde et moi », « Le Pont » et « Veuve ») invitent à redécouvrir l’œuvre d’un écrivain souvent méconnu et pourtant salué par les plus grands, de Tolstoï à Apollinaire, en passant par Zola.

Ce qui m'a donné envie de le lire : 
Je vais être franche : le temps m'a manqué pour réfléchir à une lecture classique pour le challenge "Un classique par mois" de Stephie. Mais il se trouve que j'ai reçu au lycée un exemplaire de ce livre, dans une toute nouvelle collection au titre évocateur : Étonnantiss!mes, collection dédiée à la lecture cursive, c'est-à-dire à la lecture personnelle, des lycéens. J'avoue de plus que Mirbeau n'est pas un auteur que j'aie beaucoup fréquenté (et c'est un euphémisme), c'était donc l'occasion de combler cette lacune ! 

Mon avis après lecture : 
Les femmes présentées dans ce recueil sont bien loin d'être à leur avantage ! Misogynie ? A priori de l'époque ? En tout cas, j'ai trouvé ces nouvelles terribles ! Quelle ironie grinçante ! On referme le livre et on se dit que les hommes sont décidément bien à plaindre : entre Jeanne qui devient une véritable mégère dont la volonté d'économiser tourne à l'avarice sordide, Clotilde qui voyage léger avec trente-trois malles et passe plus de temps à tout installer qu'à vivre un heureux moment, Laure qui, lors de la nuit de noces, en pleine "action" se rappelle qu'elle a oublié sa prière et repousse son mari pour la faire avant de lui dire "Vous pouvez continuer, maintenant..." et enfin Lucienne qui oublie bien vite son mari en se jetant dans les bras de son meilleur ami... je me demande ce qu'a vécu ce pauvre Octave Mirbeau pour avoir envie de montrer une telle image de la femme !

Bonheur des phrases :
"Ce que je reproche à ma femme, c'est de comprendre la vie d'une autre façon que moi, d'aimer ce que je n'aime pas, de ne pas aimer ce que j'aime ; au pont que notre union, loin d'être un resserrement de sensations pareilles et de communes aspirations, ne fut qu'une cause de luttes perpétuelles. Je dis "luttes", et j'ai tort. [...] Pour lutter, il faut être deux, au moins. Et nous n'étions qu'un seul, car j'abdiquai, tout de suite, entre les mains de ma femme, ma part de légitime et nécessaire autorité.Ce fut une faiblesse, je le sais. Mais que voulez-vous ? J'aimais ma femme [...]." (« Mémoire pour un avocat »)
"Ô poésie des voyages adultères !... Est-ce que M. Paul Bourget [auteur dans les œuvres duquel il est souvent question d'adultère] se serait moqué de nous ?... Ce serait une pensée horrible !... Et quelle chute dans l'idéal !..." (« Clotilde et moi »)
"Ma destinée a vraiment d'incroyables malchances, d'innombrables et illogiques malchances. J'ai le sentiment que je suis l'être le plus accommodant du monde, à qui sont inconnues les bouderies, les taquineries, les mauvaises humeurs. Je n'ai de volonté, d'énergie, que pour plaire à ce qui m'entoure. Si déraisonnables soient-ils, je me plie à tous les caprices." (« Le Pont »)

Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur et son ironie...même si je pense que ses préoccupations et centres d'intérêt ont quelque peu vieilli ! Ce livre arrive juste pour constituer ma troisième participation au challenge de Stephie : allez voir ICI la page consacré aux lectures classiques de tous !


mercredi 27 mars 2013

L'Atelier des miracles de Valérie Tong Cuong

Voici un livre que j'ai acheté avant d'avoir lu les multiples critiques journalistiques qui en parlent comme d'un livre "qui fait du bien" porteur d'un message d'espoir.

L'éditeur en parle avec la quatrième de couverture qu'il développe un peu :
Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge.
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.
 
L'auteur : Valérie Tong Cuong a travaillé huit ans dans la communication avant de se consacrer à l’écriture et à la musique. Elle a publié sept romans et de nombreuses nouvelles. Elle écrit également pour le cinéma et la télévision.

Ce qui m'a donné envie de lire ce livre :
C'est d'abord le bandeau horloger... et la citation de la quatrième de couverture : "C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il souri. Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine : c'est un peu notre spécialité, non ?" qui m'ont séduite. Puis la quatrième de couverture : le début avec la professeur d'histoire-géo au bout du rouleau... (comment va-t-elle s'en sortir ?) et l'évocation de Jean, le faiseur de miracles, ont piqué ma curiosité.

Mon avis après lecture :
Mi-figue, mi-raisin. J'ai beaucoup aimé le début, la mise en place des personnages, même si j'avoue être un peu lassée des romans polyphoniques où les protagonistes prennent tour à tour la parole (c'est une mode, ma parole, tout le monde s'y met !). J'ai apprécié l'humanité des rencontres mais je suis restée sur ma faim. Peut-être mon côté midinette espérait-il  une fin nettement plus optimiste.

Bonheur de phrases : 
"Je n'ai pas fait non plus d'études supérieures, j'ai quitté l'école le jour pétant de mes seize ans, mais ça ne m'a pas empêché de lire les journaux, de bouffer des bouquins et d'écouter la radio à chaque fois que j'ai pu : il y a longtemps que je l'ai compris, l'ignorance est plus dangereuse qu'une grenade dégoupillée." (Monsieur Mike)
"Ce soir-là, j'ai enfin mis un mot sur ce boulet de plomb qui m’empêchait d'avancer encore et encore, ma culpabilité, coupable j'avais été autrefois de n'avoir pas su éviter le drame, coupable j'étais maintenant de mentir par omission, Millie ou Zelda quelle importance, j'étais condamnée à porter ma faute."
"Feindre l'amnésie, essayer d'y croire, me convaincre d'un futur en essayant d'être une autre était l'unique possibilité de vivre." (Millie)
"Nous faisons tous les mêmes erreurs. Fuir nos fantômes au lieu d'essayer de vivre avec."

Une lecture sympathique qui donne envie de croire en l'être humain mais... raisonnablement !